La présence de Najat Vallaud-Belkacem à l’Onu hier, mardi 11 décembre, avait pour but de montrer l’engagement de la France en faveur d’une résolution pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité. En septembre dernier, François Hollande avait confirmé l’engagement de la France en ce sens. Lors de sa visite à New York, la ministre des Droits des femmes a rencontré le secrétaire général Ban Ki-moon et prononcé un discours qui détaille les actions programmées dans les prochains mois, en présence de personnalités comme le chanteur Ricky Martin.

DES LOIS PÉNALES COLONIALES
Elle a d’abord évoqué la situation de la France où l’homosexualité n’est plus un crime depuis 30 ans mais où «les personnes LGBT sont encore l’objet d’un certain nombre de discriminations et de violences». Son plan de lutte contre l’homophobie et la transphobie vise à corriger cela. Parmi les mesures de ce plan figure notamment le «combat pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité». 76 pays condamnent encore des personnes en raison de leur orientation sexuelle, six États appliquent à leur encontre la peine de mort.

Najat Vallaud-Belkacem a condamné ces législations qui, selon elle, «ne sont pas ancrées dans les traditions locales» mais qui sont le fait de lois remontant à l’époque coloniale. «Ces lois doivent s’en aller», a complété Ban Ki-moon dans son propre discours. La veille, à Paris, le ministre délégué chargé du Développement Pascal Canfin avait reçu des responsables d’associations de défense des droits des personnes LGBT venu-e-s d’Ouganda, de Chine et de République dominicaine. Il avait alors fait part de sa «vive inquiétude» quant au projet de loi anti-homo qui pourrait être adopté en Ouganda.

ÉTAPE PAR ÉTAPE, CONTINENT PAR CONTINENT
La ministre des Droits des femmes a finalement annoncé la tenue d’un cycle de conférences dans chaque région du monde, à l’initiative de l’Afrique du Sud. Ces réunions «permettront d’effectuer un travail de sensibilisation en vue d’un traitement ultérieur du sujet aux Nations unies, au Conseil des droits de l’Homme en priorité, puis, le moment venu, à l’Assemblée générale», a expliqué la ministre. Il s’agira «de faire réfléchir, dialoguer et avancer ensemble les représentants des États, les défenseurs des droits, les membres de la société civile, les représentants des instances communautaires européennes, et le Haut commissariat aux droits de l’Homme, afin de mieux connaître et donc de mieux combattre ensemble les violations des droits des personnes LGBT là où elles se produisent». La première de ces conférences aura lieu fin mars à Paris et réunira 56 pays du continent européen. Les autres réunions régionales devraient avoir lieu courant 2013, selon Najat Vallaud-Belkacem.

LES FANTASMES DE L’OPPOSITION
Lors de la séance de questions, la ministre a répondu à Libération au sujet de l’opposition au mariage pour tou-te-s en France. «Le nombre de manifestants dans les rues est peut-être aussi le reflet d’un certain nombre de fantasmes qui ont été propagés, y compris par l’opposition, il faut bien le dire», a lâché la ministre. Elle a pointé du doigt la rumeur infondée que les termes «père» et «mère» disparaîtraient du Code civil. D’après elle, la surenchère à laquelle se livrent Jean-François Copé et François Fillon dans leur refus de l’égalité des droits ne constitue qu’une «course à l’échalote pour radicaliser le plus possible son propos». François Hollande est résolument décidé à ce que cette loi soit votée et le gouvernement ne reculera pas, a-t-elle réaffirmé.

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Vous pouvez également revoir l’intégralité de la réunion avec la vidéo ci-dessous:

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