Le partenariat entre Nike et le Paris Foot Gay (PFG) a été officialisé fin juin: la marque à la virgule a depuis fourni des tenues de match au club sportif. «On a eu tout ce qu’on a demandé», assure à Yagg Pascal Brèthes, le président du club. C’est lui qui a spontanément contacté la firme américaine qui équipe, entre autres, le Paris-Saint-Germain.

«RÉVOLUTION CHEZ LES ÉQUIPEMENTIERS»
Impliqué dans le milieu sportif depuis plusieurs années, il a noté une évolution favorable des acteurs de ce monde parfois réputé homophobe. Il se souvient notamment qu’en 2003, lorsque Nike avait été sollicité pour équiper le Paris Foot Gay, la demande était restée sans suite. Aujourd’hui, Pascal Brèthes n’hésite pas à parler de «révolution chez les équipementiers». «En s’associant au PFG, Nike envoie un signal aux athlètes de haut niveau, explique-t-il. On peut penser que Nike ne retirera pas son contrat à un sportif s’il fait son coming-out. On est plutôt dans une optique de soutien.» Déjà, en 1999, Nike était le sponsor d’Amélie Mauresmo, et l’a soutenue lors de sa sortie du placard.

Les progrès effectués par les clubs de football ne sont pas étrangers à cette avancée que représente le partenariat entre la marque et le PFG, selon Pascal Brèthes. «La situation n’est pas parfaite aujourd’hui, mais il y a dix ans, aucun joueur professionnel ne voulait parler d’homophobie, se souvient-il. On est passé du silence à la libération de la parole sur ce sujet. Même si c’est lent, il y a une évolution.»

ATTITUDE PRUDENTE
Du côté de Nike, on préfère toutefois adopter une attitude plus prudente: l’engagement de la marque ne s’inscrit pas spécifiquement contre l’homophobie mais dans une démarche plus large de lutte contre les discriminations en général. Il s’agit de «faire du sport un vecteur de progrès et de changement positif», a indiqué une représentante de la marque à Yagg. À ce titre, Nike soutient le dispositif «Respect tous terrains», une initiative de la Fondation du football pour promouvoir auprès des clubs «le respect et la citoyenneté».

Invité hier lors d’un chat sur Yagg, Lilian Thuram a encouragé à «parler d’homosexualité sans tabou», reconnaissant que dans le monde du sport, «ça reste difficile de [dire qu’on est homosexuel]». C’est probablement là le prochain but à atteindre.

Photos Didier Reynaud

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln