Ils font le bonheur des opposant-e-s à l’égalité des droits. Ils, ce sont ces homos qui se disent contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, avec souvent les mêmes arguments que les plus féroces homophobes ou simplement parce qu’ils n’ont pas envie de se marier (craignent-ils d’y être obligés une fois la loi passée? Mystère). Jean-Marc Veyron-Lacroix est de ceux-là. Maire (DVD) de Chasselas, il a signé l’appel des maires contre le mariage, il manifestera le 13 janvier contre le projet de loi, aux côtés de Frigide Barjot et de Civitas et il refusera de célébrer des mariages de couples d’hommes ou de femmes si la loi est adoptée. Pourquoi?

«En tant que citoyen homosexuel, je ne me sens pas du tout représenté par les associations LGBT. Ce n’est pas une charge contre ces associations dont certaines ont fait un travail formidable pour la dépénalisation de l’homosexualité ou la lutte contre le sida. Simplement, je pense qu’on ment aux Français en leur disant que le mariage et l’adoption sont une revendication des homosexuels dans leur ensemble. J’ai moi-même tout un tas d’amis homosexuels qui sont indifférents voire opposés à ce projet de loi. Les associations LGBT ne représentent pas ces citoyens-là. Elles s’autorisent à parler au nom des autres, ce que je n’accepte pas.»

Et:

«La loi doit reconnaître ce qu’il y a de beau et de souhaitable, pas encourager les pratiques minoritaires. La loi doit protéger le plus faible, donc l’enfant. (…) Je ne crois pas, contrairement à ce que disent certains extrémistes, que la France va s’écrouler du jour au lendemain si la loi est adoptée. Il ne faut pas crier au loup. Mais je pense que la société est suffisamment déboussolée, les gens en manque de repères, pour ne pas en rajouter une couche.»

Sur Le Journal de Saône et Loire.