Samedi 1er décembre à Biarritz se tenait un Colloque international pour la vie à l’initiative du diocèse de Bayonne. Marc Aillet, évêque notoirement opposé à l’égalité des droits, en était l’instigateur. Cette réunion était l’occasion pour des figures du mouvement anti-avortement de se concerter. Dans le même temps, des manifestant-e-s pro-choix et favorables à l’égalité des droits se sont rassemblé-e-s pour faire valoir «les libertés de choix». Parmi eux/elles, quelques députées PS, notamment Sylviane Alaux et Colette Capdevielle. Toutes deux avaient défilé en tête de la Gay pride de Biarritz en juin dernier.

«TRÈS PRÉCIEUSE LIBERTÉ D’EXPRESSION»
Colette Capdevielle a été prise à partie par Marc Aillet dans une lettre ouverte publiée le 7 décembre dans La Semaine du pays basque. Il reproche notamment à l’élue d’avoir pris part à la manifestation pro-choix qu’il qualifie de «mascarade». Usant de son droit de réponse, la députée s’est défendue point par point. «Ma participation à une manifestation de soutien à quelque cause que ce soit relève de la très précieuse liberté d’expression, chère à la République, lui a-t-elle répondu. J’ai choisi de défendre publiquement une cause et continuerai de le faire tant qu’il me sera donné de disposer de mon libre arbitre.»

Mais ce n’est pas le seul grief de Marc Aillet. Il estime que les prises de position de la députée contreviennent à la liberté d’expression de l’Église. Dans sa lettre, Colette Capdevielle précise qu’elle est «favorable à l’expression de tous et à l’écoute de chacun» et qu’il s’agit là de sa «conception du dialogue».

CONTRE-ATTAQUE
Elle en profite également pour réfuter les accusations implicites d’hypocrisie que lui adresse Marc Aillet. Il prétend en effet que lors d’un dîner organisé par l’évêché, elle aurait fait part de ses réserves sur la procréation médicalement assistée et qu’elle s’y serait opposée au «droit à l’enfant». Colette Capdevielle a répliqué qu’elle s’attachait avant tout aux «droits de l’enfant» et que ces droits peuvent être respectés quelle que soit la «forme de parentalité». Elle ajoute par ailleurs que, contrairement à Marc Aillet, elle n’est pas «tourmentée» par les sujets comme l’avortement ou le mariage pour tou-te-s. «C’est sans doute pourquoi la République n’a pas choisi de confier le vote des lois aux ecclésiastes», le tance-t-elle.

Photo Captures 1 et 2

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