Après des semaines de suspense interminable, la Cour Suprême américaine a finalement annoncé qu’elle se saisissait de deux litiges relatifs à deux lois homophobes emblématiques: la Proposition 8, qui interdit aux couples homos de se marier en Californie et le Defense of Marriage Act (DOMA), une loi fédérale qui empêche les couples homos mariés (neuf États autorisent actuellement le mariage pour les couples de même sexe) de recevoir certains bénéfices de l’État fédéral et les mariages d’un État d’être reconnu dans les autres États. Les neuf sages de la Cour, désignés à vie, devraient rendre leur décision fin juin.

Ted Olson et David Boies, défendants dans l’affaire Hollingsworth v. Perry. DR

Les deux affaires retenues par la Cour Suprême sont pour la Proposition 8, Hollingsworth v. Perry, emmenée par le duo star d’avocats David Boies et Theodore Olson (ce dernier étant républicain) et pour DOMA, United States v. Windsor, cas d’Edith Windsor, 83 ans, veuve d’un couple lesbien marié au Canada qui a dû payer des frais d’héritage exorbitants à la mort en 2009 de Thea Spyer, sa femme – frais qu’elle n’aurait pas eu à honorer si elle avait été mariée à un homme. Selon le Guardian, Edith Windsor s’est déclarée «délirante de joie» que son affaire ait été choisie par la plus haute cour de justice américaine

COUR CONSERVATRICE

Thea Spyer et Edith Windsor, dans les années 60.

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les gays et les lesbiennes? Tout dépendra évidemment de la décision finale des neuf juges. Ces derniers ayant été nommés en majorité par des présidents conservateurs, les pro-égalité des droits peuvent avoir du souci à se faire. Mais beaucoup veulent espérer que la Cour ne voudra pas rester comme la Cour qui a entériné la discrimination fédérale vis à vis des gays et des lesbiennes.

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Photo Cour Suprême: Steve Petteway, Collection of the Supreme Court of the United States