Elie Geffray est le maire PS d’Eréac dans les Côtes d’Armor. Il y est également prêtre. Cet homme d’église sait cependant faire la part des choses entre ses deux fonctions. Il est bien décidé à appliquer la loi si elle est votée. «Un maire a une mission précise, qui est d’appliquer les lois de la République, et il n’a pas à le faire en fonction de son appréciation personnelle, explique-t-il. La laïcité permet à chacun de conserver ses convictions, mais ces convictions n’ont pas à intervenir dans l’exercice des fonctions d’un officier d’état civil. On peut s’opposer à ce projet de loi maintenant. En revanche, quand la décision est prise, il faut la respecter.»

Pour ce prêtre, des convictions personnelles n’ont pas à influer sur des devoirs républicains. Il a d’ailleurs été profondément choqué que François Hollande évoque la possibilité d’une liberté de conscience pour les maires avant de finalement regretter ses propos. «Je n’en revenais pas qu’il ait dit ça. Qu’un petit maire en parle, c’est une chose, mais le Président est le garant de la loi et de l’unité nationale. Ce n’était pas très rigoureux», estime Elie Geffray. À lire sur La Vie.

Dans un débat sur l’ouverture du mariage qui s’est tenu à Guingamp quelques jours plus tard, il a même émis un avis critique sur la position de l’Église catholique au sujet de ce projet de loi. Elle s’appuie sur «la loi naturelle» pour condamner les relations homosexuelles, mais Elie Geffray fait remarquer qu’il s’agit d’un «concept assez flou auquel on fait dire à peu près ce qu’on veut». Dans son discours, il évoque notamment le fait que dans l’Évangile, la filiation spirituelle l’emporte sur la filiation biologique. Et il finit son propos sur une note d’espoir: «J’aimerais bien qu’un jour, les choses soient telles que les couples homosexuels qui sont croyants puissent être aussi accueillis à l’église s’ils le désirent».

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