En Ouganda, les activistes LGBT sont sur le pied de guerre: la loi anti-gay pourrait être votée à tout moment, et la dernière version publique du texte sanctionne de peine de mort les cas «d’homosexualité aggravée». Via la plateforme change.org, une pétition a été adressée à Barclays et Citibank pour que ces deux banques implantées en Ouganda s’engagent contre ce projet de loi. Toutes deux figurent parmi les entreprises les plus LGBT-friendly au niveau mondial. À ce jour, la pétition a recueilli plus de 520000 signatures, et les deux banques ont publié des communiqués sur la loi anti-gay. Mais elles ont pris beaucoup de pincettes.

DES DÉCLARATIONS TIMORÉES
Un représentant de Citibank a indiqué que si sa société est favorable à l’égalité peu importe l’orientation sexuelle, elle reconnaît par ailleurs que «dans certains pays où officie Citibank, des règles et normes culturelles peuvent différer des normes communément acceptées au niveau mondial». Du côté de Barclays, un porte-parole a informé les signataires de la pétition que la banque «est en lien avec le gouvernement ougandais pour exprimer son point de vue». Ces déclarations très timorées au regard des risques qui pèsent sur la vie de milliers de personnes LGBT dans ce pays ont fortement déçu les pétitionnaires, dont plusieurs sont des client-e-s de ces banques.

Leur poids financier dans l’économie de l’Ouganda pourrait leur permettre d’user de leur influence pour faire reculer le gouvernement. C’est d’ailleurs ce qu’attendent les activistes locaux, convaincu-e-s que seule la peur de perdre des investissements des pays étrangers pourrait amener le pouvoir à faire marche arrière. Avec près d’un millier de salarié-e-s et 51 filiales, Barclays est la troisième banque du pays. Quant à Citibank, elle a investi plus de 225 millions d’euros en Ouganda.

Des mesures trop dures de ces banques contre l’Ouganda seraient contre-productives, avait rappelé Kasha Jacqueline l’année dernière. En parlant trop frontalement des droits des personnes LGBT, cela contribue à les stigmatiser aux yeux des populations locales. Mais Citibank et Barclays ont encore toute latitude pour hausser le ton sans que cela ait des répercussions trop négatives.

Via PinkNews

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