«En France, c’est bientôt le mariage pour tous! En Ouganda, c’est bientôt la peine de mort!», pouvait-on lire sur une des pancartes brandies hier sur la place du Trocadéro à Paris. Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies pour un «die-in» afin de sensibiliser les passant-e-s à la situation dramatique des personnes LGBT en Ouganda.

Une proposition de loi pourrait être votée à tout moment par le Parlement pour réprimer plus durement encore l’homosexualité. Plusieurs médias ont mentionné que la peine de mort avait été retirée du texte, mais les activistes sont persuadé-e-s du contraire. Jointe mercredi par téléphone, la militante ougandaise Kasha Jacqueline a confirmé qu’aucune nouvelle version du texte n’avait été rendue publique. Elle déplore en outre l’ignorance de ses compatriotes au sujet de l’homosexualité: «Les gens croient que les homos choisissent d’être ainsi pour recevoir de l’argent des étrangers et qu’ils essaient de recruter de nouveaux homos».

«LE MONDE ENTIER LES REGARDE»
Aux côtés de Frank Mugisha, elle se bat pour l’abandon de ce projet de loi meurtrier. Cela passe notamment par le recours à la communauté internationale: «Ils doivent savoir que le monde entier les regarde, a-t-elle indiqué. Pour des questions d’investissements économiques, l’Ouganda fait très attention à son image.» La pétition mise en ligne par AllOut.org et qui a déjà recueilli plus de 200000 signatures constitue une avancée.

Ce progrès reste toutefois insuffisant en termes qualitatifs, d’après Frank Mugisha. La pression que subit l’Ouganda est avant tout occidentale. Pour que le projet de loi soit définitivement abandonné, il faudrait une plus grande implication des pays asiatiques et africains. Tant qu’il est question de l’Ouganda dans la presse étrangère, les LGBT de ce pays peuvent espérer un sursis. Mais le projet de loi demeure une épée de Damoclès qui pourrait s’abattre à tout moment.

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Photos Morgane Thibault et Nicole Fernandez Ferrer

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