Act Up-Paris, le Parti de Gauche, le Strass ainsi que d’autres organisations et les 850 personnes qui ont signé la pétition en soutien aux manifestant-e-s de Besançon ont obtenu gain de cause: le Parti socialiste a retiré sa plainte. Celle-ci visait des militant-e-s pro-égalité des droits qui se sont rassemblé-e-s mercredi 21 novembre devant le bâtiment du Parti en réaction aux propos de François Hollande sur la liberté de conscience des maires. Ils/elles avaient tapissé d’affiches la façade, ce qui avait poussé les responsables du PS à porter plainte pour «dégradation».

«JE SUIS CHOQUÉ PAR LA MÉTHODE EMPLOYÉE»
Premier secrétaire fédéral, Nicolas Bodin, a fait marche arrière. Contacté par Yagg, il a indiqué que trois raisons l’ont poussé à revenir sur sa plainte: la pression dont il a fait l’objet en est la première cause. Mais il était aussi gêné par rapport aux liens entre le PS et les manifestant-e-s LGBT dont les relations auraient pu être tendues si la plainte avait été maintenue. «Ça pouvait nuire à la manifestation du 16 décembre», a-t-il indiqué. Enfin, la qualification de l’infraction était en soi problématique: fallait-il voir là des «dégradations» – Nicolas Bodin reconnaît lui-même qu’il n’y a pas eu de dégâts matériels – ou un «outrage au chef de l’État» puisque des affiches le citaient nommément? Finalement, le premier secrétaire fédéral a décidé d’abandonner les poursuites. «Dans le fond, je suis choqué par la méthode employée, précise-t-il néanmoins. S’attaquer au PS alors qu’on est les promoteurs de la loi, je trouve ça un peu fort.»

Pour les militant-e-s, qui échappent donc aux poursuites judiciaires, l’heure est à la joie et au soulagement. «Alors juste un immense merci à vous!!! C’est par la pression, le soutien, et les différentes assos que cette affaire se finit comme cela… Mille mercis… On est sous le coup de l’émotion… on en pleure!!!», peut-on lire sur la page Facebook créée pour soutenir les manifestant-e-s.

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