La plainte du PS Besançon contre des militant-e-s pour l’égalité des droits fait tâche. Mercredi 20 novembre, après que François Hollande a évoqué la «liberté de conscience» pour les maires en ce qui concerne le mariage des couples de même sexe, un collectif informel s’est mis en place et plusieurs personnes sont allées manifester devant les locaux du Parti socialiste à Besançon. Elles ont notamment tapissé d’affiches la façade du bâtiment. En réaction, le premier secrétaire fédéral du Doubs, Nicolas Bodin, a porté plainte contre les militant-e-s, au motif qu’il s’agit de la troisième dégradation des locaux en moins d’un an. La première fois, il s’agissait de symboles à caractère antisémite, et la deuxième, des personnes en colère contre le projet d’aéroport à Notre-Dames-des-Landes avaient exprimé leurs sentiments sur les murs.

«FAUTE GRAVE»
Depuis une semaine, plusieurs actions ont toutefois vu le jour pour soutenir les militant-e-s pro-mariage face à l’enquête de police qui les vise désormais. Dans un communiqué, Act Up-Paris appelle le parti à retirer sa plainte et à «présenter des excuses». «Il s’agit d’une faute grave de la part du PS, tonne l’association. La désobéissance civile fait pleinement partie des moyens d’expression démocratique, notamment face à un pouvoir injuste et qui ne tient pas ses promesses.» Elle tente par ailleurs de relativiser la portée des actes des militant-e-s, évoquant «quelques affiches posées sur une façade».

Une pétition signée par plus de 600 personnes a vu le jour. Un groupe de soutien sur Facebook ainsi qu’un site web recensent les différentes initiatives pour aider les militant-e-s dans leurs démarches face au parti. Malgré plusieurs appels passés au siège du PS à Besançon ainsi qu’à la mairie où il est conseiller municipal, Yagg n’a pas réussi à joindre Nicolas Bodin pour qu’il s’exprime au sujet de sa plainte.

À Nantes, les manifestant-e-s avaient été rejoints par le premier secrétaire fédéral du PS, Fabrice Roussel, tandis qu’à Paris, une délégation avait été reçue à Solferino par le sénateur David Assouline.

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln