Il ne doit pas être facile de militer au sein d’Homosexualités et Socialisme (HES) en ce moment. En octobre, lorsqu’il a été clair que le projet de loi visant à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe laissait de côté un certain nombre de promesses de campagne, l’association, proche du Parti socialiste, avait rebaptisé l’engagement 31 «engagement 15 et demi» (lire Denis Quinqueton, président d’HES: «Entre la campagne et aujourd’hui, je suis déçu»).

Nouvelle gifle hier lorsque le président de la République, François Hollande, a évoqué la «liberté de conscience» des maires dans le cadre de la célébration de mariage de couples de même sexe. HES n’a pas manqué de réagir, dans un communiqué intitulé «Respecter toutes les consciences, oui, y compris les nôtres!».

«CHOQUANTE»
«Devant les maires de France, François Hollande a rappelé une évidence: les maires doivent garantir l’application de la loi mais ils conservent la possibilité de déléguer la célébration d’un mariage, commence par remarquer l’association. Les maires qui se sont égarés dans l’opposition à ce projet de loi ne peuvent ignorer le principe constitutionnel de neutralité du service public, qui garantit l’égal accès des services publics – dont le service de l’État-civil – à tous les citoyen-ne-s, sans discrimination.»

Le ton monte très vite:

«Si elle ne venait du président de la République, l’invocation d’une “liberté de conscience” pour justifier cette délégation serait tristement fantaisiste. Comme elle vient de l’auteur même de l’Engagement 31, elle est choquante et nécessite une précision, sauf à faire de la loi de la République une notion moins contraignante qu’une option dans un contrat d’abonnement téléphonique.

«Après un week-end où peu de ces fameuses “consciences” ont été étouffées et où elles ont laissé libre court à leurs penchants haineux et homophobes, voire violents, il est temps que les discours sur le projet de loi “Mariage pour tous” retrouvent le sérieux nécessaire.

«UN PUGILAT GROSSIER ET CARICATURAL»
«Trop de choses inexactes, insultantes, blessantes, ont été et sont dites à propos des couples homosexuels et des familles homoparentales. Ce débat tend à devenir un pugilat grossier et caricatural alors que nous multiplions les efforts pour en faire un débat démocratique digne.

S’il faut “respecter les consciences”, admettons qu’il faut respecter toutes les consciences, y compris les nôtres!»

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