Yannick Barbe

J’espère que les politiques socialistes au placard se sentent très mal aujourd’hui. Si tant est qu’ils et elles ont une conscience, évidemment. Deux jours après un week-end d’homophobie des plus éprouvants, François Hollande, le président qui n’a de cesse de marteler les mots «justice» et «égalité» dans tous ses discours, ne trouve rien d’autre à faire que de donner des gages aux opposant-e-s au mariage pour tous, invoquant une «liberté de conscience» pour les maires homophobes (appelons un chat un chat). Tactique politicienne nous dit-on. Ah bon? Laquelle? Christine Boutin (suivie de peu par Jean-François Copé) a été la première à se féliciter de cette annonce présidentielle, évoquant une «victoire». Beau palmarès, en effet.

COLÈRE
Au lieu de calmer le débat, François Hollande n’a fait qu’attiser les braises de notre colère. On attend du courage politique, une stature à la Robert Badinter (on peut rêver), on assiste à du consensus mou, alors que tous les leviers du pouvoir sont à gauche et qu’il y a un boulevard pour l’égalité des droits.

PLACARD
Le pouvoir, justement. Si les visiteurs du soir de François Hollande ne sont que des homophobes de gauche, pardon, des opposants-décomplexés-qui-réclament-un-débat (alors qu’on nous avait bien fait comprendre pendant la campagne présidentielle qu’ils avaient tous disparu), alors il ne faut pas s’étonner que le premier des Français nous considère comme quantité négligeable. Puisque ces derniers jours, il n’a visiblement entendu que la rue homophobe. Avec cette «liberté de conscience», François Hollande nous réassigne quelque part un placard. L’homophobie d’État existe dans ce pays? Accommodez-vous en!

C’est la preuve que le «lobby homosexuel» n’existe pas. Député-e-s, ministres, etc. au placard, si vous étiez out et fièr-e-s, tout ceci n’arriverait pas. Voyez comme votre tout petit argument de la vie-privée-qui-ne-regarde-personne ne tient pas face à des enjeux tels que ceux que nous vivons actuellement. Nous, nous marchons dans la rue, et nous marcherons encore le 16 décembre prochain, visibles, comme nous le sommes dans notre vie de tous les jours, alors que vous, vous craignez encore les quolibets dans votre circonscription et de perdre des électeurs. Le combat et l’Histoire sont de notre côté, il est encore temps de les rejoindre.