Facebook a beau devancer la législation en permettant à des couples de même sexe de s’afficher comme marié-e-s sur le réseau social, il n’est parfois pas le meilleur ami des sympathisant-e-s LGBT. Adeline Ferrante, manageuse d’Océanerosemarie (qui sort aujourd’hui son livre Ma Cuisine lesbienne), a voulu mettre en lumière la violence des opposant-e-s à l’égalité des droits. Sur le mur de la manifestation du 16 décembre, elle a publié hier l’image d’un tweet de Julien Dufour, secrétaire du Front national. Celui-ci avait posté une photo des Femen et Caroline Fourest avec la légende suivante: «La haine venant de l’étranger qui veut nous dicter notre société. Pour un gang bang je suis ok, sinon FERMEZ LA bitches.»

Twitter n’a pas clos le compte de cet utilisateur. En revanche, Facebook a jugé bon de bloquer l’accès d’Adeline Ferrante à son propre compte ce matin. La photo qu’elle avait partagée a également été supprimée. «Mon but n’était évidemment pas d’inciter à la haine mais de nous rappeler qui sont les véritables pervers dans le violent débat qui anime notre pays depuis plusieurs semaines», a-t-elle précisé à Yagg. Finalement, cet après-midi, elle a pu retrouver l’usage de son compte et s’est obstinée en publiant de nouveau la photo.

Dans le même temps, Civitas a fait son arrivée sur Facebook il y a quelques jours et enregistre de nouveaux «Like». Les actes violents de cette organisation ont pourtant témoigné contre elle dimanche, mais elle peut continuer à parler impunément de «duos d’invertis» sur les réseaux sociaux (selon les membres de Civitas, les homosexuel-le-s ne peuvent former un couple). Plusieurs autres organisations ont recours à Facebook pour promouvoir leurs actions et leurs propos haineux sans jamais être inquiétés. On ne peut donc que s’étonner de voir avec quelle rapidité le réseau social a réagi aux publications d’Adeline Ferrante…

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