Homosexualités et socialisme (HES), SOS homophobie et l’Association des familles homoparentales (ADFH) ont unanimement dénoncé les violences perpétrées par les manifestant-e-s anti-mariage ce week-end, en actes comme en paroles et en pancartes ou banderoles. Pour SOS homophobie, on est bien loin du «débat» pourtant réclamé par les anti-mariage puisque le seul argument opposé fut la «violence illégitime». L’organisation espère que «les auteurs des faits de dimanche soient poursuivis et sanctionnés en conséquence».

HES se tourne vers une autre stratégie: le portefeuille. Dans un communiqué, l’association proche du PS souligne que pour survivre, les organisations comme Civitas font appel à des dons, déductibles des impôts, grâce à leur statut «d’associations cultuelles». «On a peine à croire [que ce régime fiscal] ait été conçu pour contribuer, comme ce fut le cas ce week-end, à soulever une partie des citoyens contre les autres, glisse l’association. HES s’interroge sur le dévoiement de ce régime d’avantage fiscal au moment où le pays doit faire face à d’importantes difficultés financières.»

L’ADFH voit le verre à moitié plein en rappelant que la mobilisation contre le pacs n’était pas moins impressionnante, ce qui n’a pas empêché sa mise en œuvre. L’opposition au mariage pour tous fut même plus forte en Espagne, où un millions de citoyen-ne-s ont arpenté les rues contre l’égalité des droits. Cela fait pourtant sept ans que le pays autorise les mariages de couples de même sexe et la droite, revenue au pouvoir, n’a pas pu revenir sur cette avancée. Les manifestant-e-s qui ont défilé dans plusieurs villes pour exclure les homosexuel-le-s du mariage n’ont pas impressionné l’association qui considère que «les Français ne sont pas descendus dans la rue».

RÉACTIONS POLITIQUES
Autre conséquence de ce week-end chargé: six député-e-s socialistes ont écrit au ministre de l’Intérieur Manuel Valls pour réclamer la dissolution de Civitas, peut-on lire dans une lettre publiée par le Lab Europe 1. Anne-Yvonne Le Dain (qui avait annoncé son intention de le faire), Patrick Mennucci, Yann Galut, Jérôme Guedj, Sébastien Denaja et Nicolas Bays estiment que c’est la sanction que mérite l’organisation d’extrême droite dont le défilé «a donné naissance à une déferlante de haine lorsque des contre-manifestants pacifiques ont abordé le cortège». La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Certaines ministres ont déjà eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet. Najat Vallaud-Belkacem a condamné «l’agitation des amalgames» hier. De son côté, Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille s’est montrée très ferme sur Europe 1: «On ne peut pas tolérer de la violence, des propos homophobes… Ils sont passibles de la loi», a-t-elle indiqué avant d’ajouter que désormais, le gouvernement s’exprimera pour «répondre à un certain nombre de contre-vérités». Ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine a abondé en ce sens, toujours sur Europe 1, en précisant que le gouvernement «ne renonce pas à son projet» et «ne le retire certainement pas».

Photo Yagg

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