Charlotte de Bruges contre Civitas, dit son profil Facebook. Charlotte de Bruges inflitrée chez Civitas, plaisantent ses ami-e-s. Il y a plusieurs semaines de cela, celle qui se fait surnommer «Charlotte de Bruges (comme les chocolats)» a fait des pieds et des mains pour réserver des places dans les cars qui déposeront les sympathisant-e-s de Civitas à Paris pour la manifestation du 18 novembre.

DERRIÈRE LA «KIKOOLOL CATHO»…
«Je suis tombée par hasard sur leur site avec une liste de contacts pour réserver une place dans le car, explique-t-elle à Yagg. J’ai créé Charlotte de Bruges pour leur écrire tout en restant cachée. C’est un personnage fictif un peu naïf, qui aime le chocolat, une kikoolol catho, un peu niaise mièvre, qui se laisse porter par les mouvances et qui pourrait se retrouver de n’importe quel côté.»

Derrière la caricature se dissimule en fait une Parisienne qui tient à rester anonyme: «Je n’ai absolument pas envie que Civitas m’identifie, justifie-t-elle. Ce ne sont pas des enfants de chœur!» Pour avoir longtemps côtoyé des enfants de chœur, elle sait à quoi ils/elles ressemblent. La jeune femme a reçu une éducation «catholique de gauche» et elle a autrefois appartenu aux Scouts de France et fréquenté des aumôneries. Le côté «bon enfant, un peu naïf» l’avait séduite. Aujourd’hui, elle n’est «pas du tout croyante» et elle a «lâché tout ça il y a bien longtemps». Elle conserve malgré tout un grand respect pour ceux et celles qui croient, tant qu’ils/elles parviennent à «concilier modernité et croyance». «Je ne condamne pas du tout les catholiques, mais ils sont salis par les extrémistes intégristes», déplore-t-elle.

… UNE «FERVENTE GOUINE ET FÉMINISTE»
La femme derrière Charlotte de Bruges se décrit comme une «fervente gouine et féministe ravie de vivre un moment historique». La joie d’assister à un tournant de l’histoire du pays n’occulte toutefois pas l’envers de cette évolution, notamment «les extrémistes qui s’expriment librement sur les réseaux sociaux, les sites internet, les blogs». «Plutôt que de le prendre en pleine face, je préfère réagir avec humour», explique l’alter ego de Charlotte de Bruges.

Que fera-t-elle d’ailleurs le 18 novembre prochain, quand Civitas manifestera dans la capitale? Sera-t-elle finalement dans un des cars de l’organisation? «Grillée» par l’un des responsables de l’association, elle pensait qu’un avertissement avait été envoyé à tous les responsables régionaux pour l’empêcher de réserver une place, mais surprise: hier matin, le référent de Civitas à Mâcon lui a indiqué qu’il lui restait de la place à bord. Une nouvelle qui a réjoui Charlotte: c’est sûr, elle pourra «continuer à se marrer et à faire chier les associations anti-mariage» même après le 18 novembre.

Car elle compte bien faire vivre son personnage bien au-delà de cette date. «Je suis engagée dans le combat pour faire valoir ce projet de loi, pour l’améliorer, pour combattre l’homophobie, surtout quand elle passe sous mes fenêtres, et pour me marier avec ma fiancée», soutient-elle.

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