Première conférence de presse de François Hollande depuis le début de son mandat. Le président de la République a débuté son intervention par un discours d’une trentaine de minutes tourné exclusivement vers l’économie et la situation financière en Europe. Les questions sociétales n’ont été évoquées que brièvement dans le cadre des questions posées par les journalistes présents.

«UN TEXTE DE LIBERTÉ»
Durant son allocution, François Hollande avait insisté sur le fait qu’il voulait avant tout rassembler les Français-es et ne pas opposer les jeunes aux vieux ou les riches aux pauvres. Un journaliste a rebondi sur ses propos en lui demandant s’il ne faudrait pas mettre de côté les engagements qui provoquent des clivages, comme le droit de vote pour les étrangers aux élections locales ou le mariage pour les couples de même sexe.

Dans sa réponse, François Hollande a indiqué que le projet de loi sur l’ouverture du mariage doit être «un texte de liberté», et pas «un texte de division». «C’est une proposition qui a été faite depuis plusieurs années et que j’ai portée durant la campagne présidentielle», a-t-il précisé. Décidé à permettre les conditions du débat, le chef de l’État a affirmé que «toutes les croyances, que toutes les sensibilités doivent être entendues et respectées». Il a ainsi légitimé les prises de parole des responsables religieux sur cette question.

PAS UN MOT SUR LA PMA
Il a toutefois écarté la possibilité d’un recul du gouvernement en affirmant qu’il y aura «une évolution de notre droit, fondée sur l’égalité, égalité dans l’accès au mariage et à ce qu’il permet comme protection et comme solidarité». François Hollande a également mentionné l’adoption, mais pas un mot sur la procréation médicalement assistée (PMA) et les autres questions liées à la parenté et la filiation.

Le président de la République a également eu un mot à l’attention des opposant-e-s à l’égalité des droits, notamment François Fillon qui se propose de revenir sur le mariage pour tous s’il est élu en 2017: «Je ne suis pas convaincu que si c’est la droite qui, après-demain ou encore plus tard, accède aux responsabilités, elle reviendra sur cette réforme», a tenu à rassurer François Hollande en évoquant le cas de l’Espagne. Les conservateurs n’y sont pas parvenus à abroger le mariage pour tous. François Hollande veut de toute façon croire qu’à terme, le mariage des couples de même sexe sera «accepté par tous, même ceux qui ont combattu le texte».

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur François Hollande: le texte sur le mariage pour tous sera un texte de liberté

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln