Les anti-mariage brandissent régulièrement la menace des bouleversements catastrophiques qui s’abattront sur la société si la France ouvre le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Le Figaro s’est même lancé dans un inventaire des difficultés juridiques rencontrées par les pays qui ont dépassé la France en termes d’égalité des droits. Pourtant, en Belgique, le constat n’est pas si désespérant. Les associations membres de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles ont adressé une lettre aux associations LGBT françaises la semaine dernière: «Nous voulons assurer l’ensemble des associations œuvrant pour l’égalité de tous de notre sympathie et de notre profond soutien dans ces moments houleux de débat», ont-elles écrit.

«DES ARGUMENTS QUI NE CORRESPONDENT EN RIEN AUX RÉALITÉS VÉCUES EN BELGIQUE DEPUIS 2003»
De l’autre côté de la frontière, où le mariage entre couples de même sexe sera bientôt légal depuis dix ans, on est même surpris par les prises de parole publiques de certains détracteurs à l’égalité des droits. Les auteur-e-s de la lettre «s’étonnent d’entendre les opposants au mariage pour tous en France avancer des arguments choquants et… qui ne correspondent en rien aux réalités vécues en Belgique depuis 2003. (…) Les observateurs les plus vigilants n’auront pas constaté que cette ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ait ébranlé, voire anéanti, notre société». Les associations signataires balaient également les spectres des dérives annoncées, entre autres, par le cardinal Barbarin:

«L’ouverture au mariage pour tous n’a pas développé des revendications de reconnaissance de la polygamie ou de reconnaissance civile de partenariats à multiples conjoints, pas plus qu’elle n’a fait exploser les chiffres de l’inceste, du viol ou de la pédophilie, sans parler de la zoophilie.»

Pour les auteur-e-s de la lettre, la seule chose qui a changé, c’est que désormais, «des personnes peuvent, qu’elles soient homos ou hétéros, ouvrir leur foyer à des enfants pour leur assurer une éducation qui les conduisent à devenir des adultes les plus heureux possible, chacun tel qu’il est». Certaines choses en revanche n’ont pas évolué: comme a pu le constater le yaggeur mands en regardant un reportage de la RTBF, l’homophobie a encore de beaux jours devant elle, même à Bruxelles. En guise de conclusion, les associations bruxelloises émettent malgré tout un vœu: «Que la France accède à cette grandeur que nous vivons, à savoir, qu’elle reconnaisse l’égalité de tous devant le mariage, quelle que soit la configuration des couples».

Photo Google Street View

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