En cette journée de présentation du projet de loi sur l’ouverture du mariage, une tribune de Daniel Borillo, Éric Fassin et Caroline Mécary pointe la question de la procréation médicalement assistée (PMA), absente du texte avant son son examen à l’Assemblée nationale. Pour le juriste, le sociologue et l’avocate, il reste donc un malaise: Pourquoi ouvrir l’adoption aux couples de même sexe, et non la PMA, s’interrogent-ils/elle. «Le gouvernement compte-t-il, comme pour le Pacs, s’en remettre aux députés? Faute de soutien, leurs amendements risquent pourtant d’être voués à l’échec. Surtout, c’est une question de principe: peu importe qu’on juge le verre de l’égalité à moitié vide ou à moitié plein. Il n’existe pas de juste milieu: une demi-égalité, c’est encore l’inégalité. Pourquoi gâcher les bénéfices politiques d’une grande loi symbolique?».

Pour les auteur-e-s, «les craintes du gouvernement sont le révélateur des ambiguïtés du droit de la filiation (…) Tout se passe comme si, pour le droit, la reproduction artificielle était… naturelle! (…) Ceux qui répugnent aujourd’hui à ouvrir la PMA aux couples de même sexe veulent ainsi sauvegarder une vraisemblance qui n’a rien à voir avec la vérité». À lire sur LeMonde.fr.