Singulière ironie du calendrier. Alors qu’en France, le Conseil des ministres a adopté ce mercredi le projet de loi instaurant le mariage et l’adoption pour tous, en Espagne, le Tribunal constitutionnel a validé, hier, mardi 6 novembre, la loi de 2005 sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, épilogue d’un recours en justice déposé il y a 7 ans par le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy, alors dans l’opposition, sur l’utilisation du mot «mariage» pour désigner les unions homosexuelles. Suite à ce jugement, le gouvernement, par la voix de son ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardón, a fait savoir qu’il renonçait à «modifier la loi en vigueur».

«ÉGALITÉ RÉELLE»
En septembre dernier, plusieurs associations LGBT s’étaient rendues au siège du PP à Madrid pour lui «tendre la main» et lui «éviter d’entrer dans l’Histoire comme le parti qui a discriminé les familles LGBT». Ces mêmes associations se réjouissent aujourd’hui de cette décision du Tribunal constitutionnel. «Le jour où nous célébrons ce jugement tant attendu, il reste encore beaucoup à faire, il y a beaucoup d’inégalités, beaucoup de discriminations, a déclaré Agustín López, le président du collectif LGBT madrilène COGAM. Nous devons travailler pour que l’égalité réelle soit efficace, pour qu’aucune fille ou aucun garçon, par le simple fait d’être lesbienne, gay, bisexuel-le ou transgenre ne soit victime de harcèlement à l’école ou au collège, pour que personne ne soit licencié ou harcelé en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Pour que personne ne remette en cause le fait d’être visible par crainte de représailles».