Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et visiblement Marcel Rufo n’entend pas être de ceux-là. Le pédopsychiatre, hier réservé  sur la question de l’homoparentalité, a déclaré à Nice Matin que «[les enfants élevés par des homos] sont aussi casse-pieds que les adolescents en difficultés élevés par des couples hétérosexuels». C’est la pratique qui a fait évoluer son point de vue, confie-t-il au journal niçois. Il dénonce notamment l’absurdité du «Un papa, une maman».

«Un père ou une mère, ce n’est pas uniquement un lien biologique. C’est aussi des rencontres. On a tous plusieurs pères! On a une mosaïque de pères et de mères qui fondent l’image pour nous de la mère.»

Défendant son concept d’adoption par toute une famille plutôt que par un couple, le pédopsychiatre note que les modèles familiaux sont destinés à changer avec le temps.

«Et puis, plus généralement, l’adoption homoparentale ça veut dire quoi? Ça veut dire que la notion même de famille a changé. On ne peut pas dire que la famille de 2012 est la famille de 1950. Cela n’a plus rien à voir. En 1960, il y avait des études sur les enfants de divorcés où l’on disait qu’ils avaient plus de troubles que les autres. Maintenant qu’un couple sur deux dans les grandes villes se sépare, qui le dirait?»

Sur la GPA, Marcel Rufo se montre encore réticent, mais n’exclut pas d’évoluer sur la question:

«Je pense qu’il se passe pendant la grossesse des tas de choses entre l’embryon et la mère, la mémoire auditive, le goût du lait, l’odeur, les rêves peut-être… Je suis donc circonspect là-dessus. Mais, là encore, ma position peut bouger. Je dois aller travailler ça avec un gynéco de Strasbourg qui, lui, y est favorable et je vais écouter ses arguments. Je crois qu’une société avance par les transformations qu’elle permet. Moi aussi je me transforme… C’est la vie.»

Photo Medef