Gérard Siad

Joint par Yagg, Gérard Siad, co-gérant du CUD, un bar gay situé dans le Marais à Paris, a tenu à apporter sa version des faits suite au témoignage d’Alexandre Marcel, vice-président du Comité Idaho, affirmant avoir été victime d’une agression homophobe devant l’établissement en question, dans la nuit de vendredi à samedi dernier et qui a porté plainte en ce sens.

Gérard Siad, qui est aussi le président du Syndicat national des entreprises gaies (Sneg), confie qu’il n’était pas présent sur les lieux au moment des faits mais qu’il s’est rendu sur place quelques heures après. Selon lui, tout aurait commencé par une altercation entre l’un des videurs du bar («Georges, 50 ans, hétéro, père de famille») et un individu accompagné d’une femme passant devant l’établissement. En cause, une histoire de regard sur la jeune femme mal interprété par le passant. Le ton monte. L’homme s’en va et serait revenu quelques minutes plus tard avec «4 ou 5 autres individus, munis de bombes lacrymogènes et décidés à passer à tabac l’agent de sécurité». Échanges de coups et jets de gaz lacrymogène jusqu’à l’intérieur de l’établissement où se trouvait Alexandre Marcel.

«QUERELLE DE PERSONNES»
Gérard Siad réfute le caractère religieux de l’incident, Alexandre Marcel affirmant que les agresseurs voulaient «punir les pédés» et auraient crié des phrases telles que «Sur le Coran, on va tous vous défoncer»: «Mon personnel est formel. Il n’a pas été question de religion». De même, il émet un sérieux doute sur son caractère homophobe: «Le bar, en tant qu’établissement gay, n’était pas visé. Ces individus n’avaient rien prémédité». Et de conclure, très remonté, qu’il s’agit selon lui d’une «querelle de personnes» et qu’«il faut arrêter les délires interprétatifs». Gérard Siad affirme par ailleurs avoir porté plainte suite à l’agression de son personnel auprès du commissariat du 3e arrondissement.

Photo Yagg