Ce samedi 3 novembre, à Lourdes, dans son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, également président de la Conférence des évêques de France, a longuement réaffirmé son opposition à l’égalité des droits, fustigeant le mariage pour tous comme une «supercherie» et appelant les fidèles à la mobilisation, à moins d’une semaine de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres.

«FONCTION SOCIALE DU MARIAGE»
À celles et ceux qui s’étonneraient à juste titre que l’Église catholique mette son nez dans le mariage civil, l’archevêque de Paris répond: «nous ne mettons pas en avant la question du sacrement de mariage qui est une vocation particulière, mais la fonction sociale du mariage qui ne dépend d’aucune religion».

«MARIAGE DE QUELQUES-UNS IMPOSÉ A TOUS»
Les Français n’ont-ils pas élu un président qui avait clairement inscrit le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels dans son programme? «L’élection présidentielle et les élections législatives ne constituent pas un blanc-seing automatique, surtout pour des réformes qui touchent très profondément les équilibres de notre société», rétorque le cardinal André Vingt-Trois, qui a donc une conception toute personnelle du suffrage universel. Comme celle qui est la sienne de l’égalité des droits: «ce ne serait pas le «mariage pour tous» (étrange formule qu’il ne faut sans doute pas prendre au pied de la lettre!), affirme-t-il. Ce serait le mariage de quelques-uns imposé à tous». On est à deux doigts du fantasme de l’homosexualité triomphante sur une hétérosexualité déclarée espèce en voie de disparition…

De même, il dénonce «la pression ostentatoire de quelques lobbies», mais quelques instants plus tard appelle «les chrétiens, et tous ceux qui partagent notre analyse et nos questions, à saisir leurs élus en leur écrivant des lettres personnelles, en les rencontrant et en leur exprimant leurs convictions».

«DIFFÉRENCE SEXUELLE»
«Imposer, déclare enfin André Vingt Trois, dans le mariage et la famille où la parité est nécessaire et constitutive, une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants».