Société | 02.11.2012 - 16 h 38 | 0 COMMENTAIRES
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Plan de lutte contre l’homophobie et la transphobie: les réactions des associations

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Force est de constater que les réactions des associations LGBT à ce plan transministériel sont plus que mitigées, pointant notamment du doigt un grand absent: les questions liées aux personnes transgenres.

Mercredi 31 octobre, Najat Vallaud-Belkacem présentait en Conseil des ministres les grands lignes de son programme d’actions contre les violences et les discriminations à l’encontre des personnes LGBT. La ministre des Droits des femmes avait en effet été chargée par le Premier ministre d’une mission de lutte contre l’homophobie et a pour ce faire auditionné 80 associations.

Force est de constater que les réactions des associations LGBT à ce plan transministériel sont plus que mitigées, pointant notamment du doigt un grand absent: les questions liées aux personnes transgenres.

«COURAGE POLITIQUE»
Certes la Fédération LGBT salue avec ce plan «ce que jusqu'alors aucun gouvernement français n'avait eu la volonté, ni le courage politique de faire», mais «reste vigilante quant à son application effective» et «note que l'annonce de ce plan n'a fait l'objet d'aucune communication précise de budget quant à son application». D'autre part, la Fédération LGBT «a ressenti beaucoup de résistances au changement d'état civil libre et gratuit en mairie pour une vie sociale digne des personnes transgenres» même si «elle prend acte de la saisine de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH)».

«LES TRANS' DERNIÈRE ROUE DU CARROSSE»
Act Up-Paris, qui se dit «désespérée» par ce plan, affirme qu'«une fois encore les trans' auront été la dernière roue du carrosse». «La ministre des Droits des femmes, ajoute l'association, en est encore à proposer des mesurettes comme l'établissement d'un numéro provisoire de sécurité sociale. Sur une question aussi importante que les parcours hospitaliers des personnes trans', elle renvoie la question à plus tard, et à une ministre, Marisol Touraine, qui a déjà démontré son manque d'intérêt sur ces questions».

SÉROPHOBIE
Autre sujet de colère pour Act Up-Paris: la non-prise en compte de la sérophobie dans le champ des questions LGBT. «Alors qu'un pédé sur cinq est contaminé à Paris, et que l'incidence ne cesse d'augmenter chez les plus jeunes, la ministre ose déclarer que "la sérophobie ne relève pas des questions LGBT", et elle insinue même qu'il serait discriminant d'en parler à propos des personnes LGBT», constate l'association.

Pour l'A.N.T. (Association nationale transgenre), ce plan constitue un «affichage de bonnes intentions mais de portée limitée». «Le droit d’utiliser un numéro d’identifiant d’attente (NIA) masculin ou féminin (commençant par 7 ou 8) – avant d’obtenir le numéro de sécurité social définitif (commençant par 1 et 2) qui sont les seuls vrais sésames pour l’accès à l’emploi – est une avancée […] mais on est loin du respect des textes européens». Bref, «le compte n'y est pas!», écrit l'association.

Id Trans' prend acte de la saisine de la CNCDH «pour répondre à la question de la définition et de la place de "l’identité de genre" dans le droit français, et à celle du changement d’état civil» ainsi que du soutien de Najat Vallaud-Belkacem «au groupe de sénateurs et sénatrices socialistes mené par Maryvonne Blondin et Michelle Meunier qui va se mettre au travail pour consulter, auditionner et construire des propositions de loi», mais s'interroge: «avons-nous l’assurance de la programmation certaine d’un vote au parlement de ces réformes tant attendues? Rien n’est encore sûr.»

JEUNES LGBT EN ERRANCE
Quant au Refuge, il fait part de sa «déception», affirmant que «le plan ne prévoit rien pour l’hébergement de stabilisation des jeunes en errance en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. De façon générale, les dirigeants du Refuge estiment que le gouvernement n’est pas dans l’action mais dans l’annonce. Les associations auraient-elles été consultées pour rien, ou simplement pour calmer leurs ardeurs?». Seul point positif: Le Refuge salue «le lancement par Vincent Peillon d’une mission "relative à la lutte contre l’homophobie qui portera sur la prévention du suicide des jeunes LGBT"».

Photo Act Up-Paris

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Directeur de la rédaction de TÊTU
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