Santé
Santé, VIH | 24.10.2012 - 14 h 26 | 2 COMMENTAIRES
Ipergay: Le Sneg pour le maintien de l’essai, contre la mise à disposition de Truvada dans la vraie vie
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Grâce à l'enquête Capote et Pilule, on connait mieux les attentes des gays séronégatifs sur la prévention par le traitement.

Le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg) est l’un des derniers acteurs à faire connaître sa position sur l’essai Ipergay. Depuis cet été, les différentes instances de l’essai de prévention, qui vise à tester l’efficacité de Truvada dans la réduction de la transmission du VIH chez des gays séronégatifs, ont dû se prononcer sur les modalités de poursuite de l’essai dans le contexte de la mise à disposition de Truvada aux États-Unis. La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est aujourd’hui une réalité dans plusieurs pays, comme le rappelait Aides il y a quelques jours.

Le Sneg demande à ce que l’essai Ipergay soit maintenu. «Il convient donc d’accompagner l’essai actuel IPERGAY mené par l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) afin que l’outil que constitue la PrEP intermittente puisse être testé et amélioré dans le cadre d’un essai clinique», écrit le syndicat.

« LIMITER LES RISQUES »
Par ailleurs, le Sneg considère «dangereuse» la mise à disposition de Truvada dans la vraie vie, si elle est n’est pas assortie d’un dispositif complet semblable à celui d’Ipergay, «alliant counseling, préservatif et antirétroviral». Pour le Sneg: «Il est important pour la santé de notre communauté de se donner le temps de plusieurs recherches éthiques et encadrées afin de limiter au maximum les risques et les questions que soulèvent encore la prise d’antirétroviraux pour les gays séronégatifs tant d’un point de vue des résistances, des évolutions des comportements et du financement de ces antirétroviraux.»

Pour appuyer sa position, le Sneg dispose des résultats de son enquête Capote et Pilule, dont voici les principaux enseignements, tirés des réponses de 939 hommes gays séronégatifs (sur 1624 répondants):

  • Les débats sur la PrEP sont restés confinés à des cercles assez restreints. Seuls trois gays séronégatifs sur dix ont entendu parler de la PrEP et seulement un gay séronégatif sur dix se sent bien informé sur ce sujet.
  • La part des gays séronégatifs qui seraient prêts à utiliser la PrEP reste réduite sauf si la PrEP pouvait offrir un niveau de protection exceptionnel: seuls 17,5% des répondants seraient prêts à utiliser la PrEP si elle était efficace à 50%, 23% des participants l’utiliseraient si elle était efficace à 60%. Pour convaincre la moitié des gays à utiliser laPrEP, il faudrait qu’elle puisse être efficace à 90%.
  • Les gays séronégatifs sont bien plus souvent intéressés par une PrEP à la demande (62,8%) que par une PrEP en continu (24,6%).

 

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LES réactions (2)
  • Par tof81 24 oct 2012 - 19 H 50
    Avatar de tof81

    Je trouve la position du SNEG plutôt raisonnable et qu’une vente pré-maturé du Truvada pourrait compromettre les tests d’Ipergay.

    Sans compter que je pense qu’ils ont aussi raison sur le fait que la future vente du truvada doit s’accompagner d’un suivi voire d’anti viraux (au cas où, et qui ne peuvent être donnés que par des personnes qui te suivent).

    Bref, j’espère que leur avis sera écouté.

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  • Par SB 10 nov 2012 - 20 H 51

    Dans l’intérêt de la santé des homosexuels participant à l’essai ANRS-Ipergay, Warning estime qu’au vu du consensus scientifique international, le bras placebo de l’étude ne répond plus aux critères éthiques requis et qu’il doit être immédiatement interrompu.
    Warning demande également qu’une Recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de PrEP orale en continu soit mise en place en France.
    Lire : http://www.thewarning.info/spip.php?article372

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