Société | 12.10.2012 - 21 h 45 | 0 COMMENTAIRES
Élections américaines: Le débat des co-listiers commenté par Paige Braddock et Susan Wood
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L'auteure du «Monde de Jane» s'est jointe à notre «fil rouge», Susan Wood, pour regarder le débat entre les vice-présidents potentiels, Joe Biden et Paul Ryan.

Après le premier débat entre les 2 candidats à la présidence des États-Unis, Susan Wood, lesbienne californienne et «fil rouge» de Yagg pour ces dernières semaines de campagne présidentielle, a, comme plus de 28 millions d’Américain-e-s, regardé le débat des co-listiers – Joe Biden pour les Démocrates, Paul Ryan côté républicain –, qui s’est tenu jeudi 11 octobre, à Danville, dans le Kentucky. C’est Martha Raddatz, ancienne reporter de guerre, aujourd’hui responsable du service international de la chaîne ABC, qui modérait la rencontre.

Parmi les ami-e-s avec lesquel-le-s Susan a vécu cet événement, Paige Braddock, l’auteure du Monde de Jane, qui a croqué la soirée pour Yagg (avec Jane en invitée surprise). Avant de laisser la parole à Susan, la Yagg Team tient à leur adresser, à toutes deux, un immense merci!

«C’est exaltant, n’est-ce pas, de voir un vrai leader en action, qui reste calme face au tumulte, qui garde les idées claires en plein chaos. Ce sont les qualités que nous recherchions! Eureka! Martha présidente!

«UN PETIT BÉGUIN UN PEU FOU POUR MARTHA RADDATZ»
Après le débat des vice-présidents, nous avions tou-te-s un petit béguin un peu fou pour la modératrice, Martha Raddatz, journaliste et auteure, dont la compréhension des enjeux de politique étrangère n’est plus à démontrer. Et non, nous ne pensons pas sérieusement à ajouter son nom à la liste des candidats à la présidence, mais permettez-moi de savourer ce béguin encore quelques instants. C’était un plaisir de voir Martha prendre en main le déroulement du débat. En fait, c’est excitant de voir quelqu’un de sensé sur la scène politique. Comme la pluie qui tombe sur la terre desséchée.

Pour revenir au sujet qui nous occupe… ce débat fut animé. Et un peu déroutant. La discussion sur les affaires étrangères est partie dans tous les sens. Il était difficile de dire s’il existait de réels désaccords de fond entre les deux adversaires jusqu’à cette question:

«Qu’est-ce qui est pire: une autre guerre au Moyen-Orient ou un Iran avec l’arme nucléaire?», a demandé Raddatz. Nous avons aimé la réponse de Biden. Les sanctions contre l’Iran fonctionnent. La guerre est un dernier recours. Faites rentrer les soldats américains.

Sur la question du Medicare et de la sécurité sociale, honnêtement, nous avons tou-te-s eu du mal à comprendre les réponses. À l’évidence ces systèmes ne pourront pas continuer éternellement sans aide, mais le programme de Ryan nous a donné l’impression que nous allions tou-te-s nous retrouver à suer sang et eau pour acheter une protection sociale en atteignant le bel âge. Nous n’avons pas aimé cette réponse. Nous suivons Biden qui a défendu avec véhémence la nécessité de prendre les seniors en charge.

Puis Raddatz en est venue au sujet de l’avortement, et a formulé la question ainsi: «Dites-moi quel rôle votre religion a joué dans votre opinion personnelle sur l’avortement… Et, s’il vous plaît, c’est un sujet tellement sensible pour beaucoup de monde.»

La réponse de Biden l’emporte à nouveau. Il ne croit pas que lui, ou le gouvernement, ait le droit de dire à une femme ce qu’elle doit ou ne doit pas faire avec son corps. Amen!

Ryan, en revanche, est opposé à l’avortement et ne pense pas que la question doive être tranchée par la justice. C’est une déclaration provocante, qu’il n’a pas développée. Il promeut soit les droits des États, soit un amendement constitutionnel, peut-être. Les deux idées sont effrayantes et d’autant plus inquiétantes que 4 des juges de la Cour suprême ont plus de 70 ans. Il y a des chances pour qu’au moins 2 de ces sièges soient renouvelés par la prochaine administration. Il est fort probable que ce soit 2 sièges actuellement occupés par des juges nommés par le Président Clinton, ce qui veut dire que 2 juges libéraux ou centristes pourraient être remplacés par un président conservateur, faisant basculer la Cour à droite. Conséquence, l’arrêt Roe v. Wade (le droit d’une femme à disposer de son corps) pourrait être cassé. Pas bon du tout.

BIDEN L’EMPORTE
Voici donc les principaux points qui ont poussé le petit groupe d’ami-e-s dans mon salon à désigner Biden comme vainqueur.

Tout bien considéré, ce processus électoral est fastidieux. C’est trop long, c’est trop cher et l’essentiel du blabla n’est qu’une perte de temps. C’est pourquoi Martha a marqué un point de plus quand, vers la fin de la soirée, elle a partagé le sentiment d’un soldat américain qui se plaignait que ces campagnes électorales soient si agressives. Et elle a alors posé cette question audacieuse: «… en fin de compte, leur ton vous embarrasse-t-il parfois?»

Touché, Martha!»

La vidéo du débat:

Si vous ne voyez pa la vidéo, cliquez sur ‪Complete Vice Presidential Debate 2012: Joe Biden vs. Paul Ryan – ‬

Retrouvez le texte en version originale sur From Paris with Yagg.

Illustration Paige Braddock (traduction de la bulle de Joe Biden: «Disons les choses telles qu’elles sont fiston… Balivernes…»)

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