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Société | 11.10.2012 - 08 h 33 | 1 COMMENTAIRES
Élections américaines: pour qui voteront les homos?
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Pour la première fois dans une élection présidentielle, les LGBT américain-e-s vont avoir à choisir entre un candidat qui soutient clairement un certain nombre d'avancées et un autre qui traîne des pieds.

Les Log Cabin Republicans s’engageront-ils/elles derrière Mitt Romney? En 2004, l’association des LGBT républicain-e-s avait refusé de soutenir George W. Bush parce qu’il était favorable au Federal Marriage Amendment, qui vise à inclure dans la Constitution des États-Unis la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. En 2008, l’association a soutenu John McCain, qui avait voté contre cet amendement au Sénat.

Mitt Romney est sur la ligne Bush, mais il n’est pas certain que cela empêche les Log Cabin Republicans de voir en lui leur candidat. Depuis le début de la semaine, la presse LGBT américaine semble attendre l’annonce avec impatience. Une source anonyme a ainsi indiqué au Washington Blade que c’est surtout l’Employment Non-Discrimination Act (Enda) qui intéresse l’association. En 2007, Paul Ryan, le candidat républicain à la vice-présidence, a voté pour le texte, qui interdirait les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en matière d’emploi, mais quelques instants plus tôt, il se battait pour qu’il ne soit même pas débattu.

UNE SITUATION INÉDITE
Si l’on s’en tient uniquement aux questions LGBT comme motivation de vote, les Américain-e-s se trouvent dans une situation inédite: pour la première fois, ils et elles vont avoir à choisir entre un candidat qui soutient clairement un certain nombre d’avancées et un autre qui traîne des pieds.

Jusqu’ici en effet, la différence entre les 2 camps n’était pas flagrante, écrit Jonathan Rauch sur le site Salon. D’un côté, les Républicains préféraient ne pas parler des sujets LGBT et s’ils y étaient forcés, ils avaient tendance à aller contre. De l’autre, les Démocrates préféraient ne pas parler des sujets LGBT et s’ils y étaient forcés, ils avaient tendance à botter en touche et se conduire en Républicains.

Certes, en 1992 Bill Clinton a pris soin d’inclure les homos dans sa campagne tandis que George Bush père laissait la parole aux extrémistes du parti. En 2004, George W. Bush était favorable au Federal Marriage Amendment, John Kerry était contre, mais il était aussi contre l’ouverture du mariage. Et Bill Clinton a signé le Defense of Marriage Act (Doma) et la politique Don’t ask, Don’t tell (DADT).

Barack Obama y est allé petit à petit, concède Jonathan Rauch. Il s’est opposé à l’ouverture du mariage, a pris son temps pour abroger DADT, a laissé le ministère de la Justice défendre le Doma en des termes que son prédécesseur n’aurait pas reniés. Mais depuis, il s’est rattrapé: il a demandé à son gouvernement de ne plus défendre le Doma lorsqu’il est attaqué devant les tribunaux, il a fini par mettre fin à DADT, il s’est prononcé pour l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, et cette promesse est inscrite dans le programme de son parti.

Quant à Mitt Romney, il n’a cessé, au fil des ans, de changer de position, à tel point que Human Rights Campaign propose, sur son site, un petit jeu appelé «Mitt’n Match», où l’internaute est invité-e à voir Mitt Romney changer de vêtements aussi rapidement que d’avis.

Si de plus en plus de Républicain-e-s semblent franchir la ligne et soutenir l’égalité devant le mariage, leur Parti ressemble tous les jours un peu plus à un bastion isolé de l’homophobie, souligne Jonathan Rauch. Ses membres les plus conservateurs/trices ont beau savoir que la bataille est perdue, ils/elles veulent la faire durer le plus longtemps possible. «S’il y a un Républicain, en 2012, qui aurait pu permettre à son parti d’éviter de s’isoler sur la question de l’égalité homos/hétéros, conclut Jonathan Rauch, c’était Mitt Romney. En choisissant, à la place, de flatter la droite anti-gay, il a simplifié le choix des électeurs/trices homos.»

Photos Scout Tufankjian/Obama for America / DR via Facebook

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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LES réactions (1)
  • Par etienne 11 oct 2012 - 17 H 09

    Ah, ce très beau pays du tout « noir », et du tout « blanc ». Dont je suis fort épris, et que je déteste; aussi, et très fort.

     
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