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Homoparentalité, Médias, Société | 09.10.2012 - 12 h 42 | 5 COMMENTAIRES
L’homoparentalité est-elle nuisible pour les enfants?, demande le JT de France 2
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Dans l’édition de 20 Heures diffusée hier soir, des psychiatres et des psychanalystes ont été interrogé-e-s sur le bien-être des enfants élevé-e-s par des couples homosexuels.

Les téléspectateurs du JT de France 2 ont pu être confronté-e-s hier soir à différents avis d’expert-e-s quant à l’homoparentalité et son incidence sur le développement des enfants. Le présentateur, David Pujadas, a d’ailleurs invité chacun-e à se forger sa propre opinion.

Comme l’affirment les journalistes à l’origine du sujet, aucun «risque psychologique majeur» n’a été décelé jusqu’à présent par les études menées sur les enfants élevés par des couples homosexuels. Cela n’empêche pas le psychiatre Pierre Lévy-Soussan d’évoquer «une situation plus à risque que d’autres». Il dénonce en outre toutes les études, les accusant d’être menées par des militants LGBT pour défendre «ce grand fourre-tout qu’est l’homoparentalité».

Le psychanalyste Jean-Pierre Winter partage ce point de vue et redoute que l’on fasse disparaître les termes de «père» et de «mère» au profit de «parent A» et «parent B». Pour le psychiatre Serge Hefez, cela constituerait certes un changement majeur, mais aisément surmontable puisqu’il accompagne une évolution sociétale. Les enfants élevés par des couples homos grandissent et se développent comme «dans toutes les familles», assure-t-il.

La psychanalyste Élisabeth Roudinesco abonde dans le même sens en rapprochant les détracteurs/trices de l’adoption par des couples de même sexe des «démographes de la fin du XIXe siècle». Ils étaient alors réticents à ce que les femmes travaillent, craignant que la société sombre dans le chaos et qu’il y ait de moins en moins d’enfants. L’histoire a prouvé qu’ils avaient tort…

Pour voir la vidéo, cliquez sur la photo et consultez le JT de 20 Heures du lundi 8 octobre (à partir de la 36e minute).

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LES réactions (5)
  • Par Fabtoulouse 09 oct 2012 - 14 H 51
    Avatar de Fabtoulouse

    Bonjour,

    S’est-on interrogé sur le caractère nuisible d’un programme de service public qui prétend informer et qui véhicule des préjugés ouvertement homophobes de gens qui bien souvent ne sont même pas des scientifiques? Sur le mal qu’il peut produire auprès de jeunes enfants à qui il pourrait, par exemple, donner l’idée d’aller goûter à l’homosexualité puisque c’est présenté comme si dangereux… Trêve de plaisanteries on est passé jadis d’un modèle géocentrique à un modèle héliocentrique et l’humanité n’a pas cessé d’exister.
    Peut être que les psys, les politiques, les chrétiens et les croyants fondamentalistes de toutes confessions feraient bien de relativiser…
    Par ailleurs, le mariage pour tous même s’il touche à la filiation des juristes n’oblige pas à la disparition des notions de père et mère. J’ai eu un fils par GPA et je suis son père mais il est sans mère, point. Mon compagnon n’est pas et ne veut pas être son père. Mon ex, lui, est son second papa. Personnellement je ne vois pas ce qu’il y a de pire pour lui à connaître cette situation que de vivre dans une famille où on reste marié « à cause des enfants » et du patrimoine, ou dans une famille divorcée et recomposée où on doit faire semblant d’apprécier la nouvelle copine de papa, le nouveau copain de maman où tout ce qu’on veut.
    Ce qui peut déstabiliser c’est le regard des autres, cette pitié de gens qui savent et qui devraient apprendre surtout qu’ils ne savent rien…

    F…

     
  • Par Marie-José Sibille 09 oct 2012 - 15 H 45

    Etre parents et homosexuels : les « psy » ont-ils à porter des jugements ?
    La famille nécessite-t-elle un vrai Papa à zizi et une vraie maman à nénés, comme structure incontournable d’éducation d’un enfant ?
    Voilà la nouvelle agora dans laquelle vitupèrent et dogmatisent certains psys médiatiques. Le problème n’est pas bien sûr de parler du sujet de la parentalité homosexuelle, qu’elle soit adoptive, issue de la PMA ou autre solution. Le problème est l’éternelle confusion entre le jugement de valeur et l’expérience clinique, entre l’opinion et la complexité du réel.
    Sur un sujet comme celui-ci comme sur tant d’autres, qu’est-ce qui fait réalité, qu’est-ce qui fait sens ? La complexité du vivant, qu’elle soit naturelle ou humaine ? Ou l’opinion dogmatique de quelques psys assis sur leur trépied œdipien ? Oedipe qui, trop souvent ramené au sens littéral le plus réducteur, perd son pouvoir fécondant pour la pensée.
    Bien sûr ces tribuns réfuteront le terme d’opinion, et présenteront le fruit de leur pensée comme passé au crible de la Science et de l’amour de l’humanité.
    Mais.
    Quand on pense à toutes les manières dont les enfants ont survécu et survivent depuis la nuit des temps, quand on pense aux enfants loups, aux enfants élevés par leur grand-mère ou par une nourrice, aux villages africains, aux fratries résilientes, à toutes ces façons différentes, créatives, et souvent efficaces, de faire grandir un enfant ; quand on pense à tous les artistes, les génies ou simplement…

     
  • Par Pelle Svanslös 09 oct 2012 - 16 H 01

    Pour être honnête il aurait aussi fallu poser aux quatre spécialistes la question suivante : l’hétéroparentalité est-elle nuisible pour les enfants?

     
  • Par larapascroft 09 oct 2012 - 20 H 33
    Avatar de larapascroft

    Ce reportage rappelle, en moins terrible, la UNE du Figaro « Mariage homosexuel : les psys mettent en garde. » Pierre Lévy-Soussan, c’est le « psy » qui se tenait à la gauche du directeur du Figaro sur le banc de Christine Boutin dans l’émission Mots Croisés dernièrement sur France 2…
    Quelques précisions :
    1) Le titre de psychanalyste est accessible à n’importe qui. Il n’y a aucune formation et aucun diplôme nécessaire, la seule nécessité est d’avoir soi-même subi une psychanalyse.
    2) Les psychiatres sont des médecins. Ils sont donc habilités pour soigner les maladies mentales. Lorsqu’ils s’expriment sur le domaine du développement de l’enfant dans une famille homoparentale et sur les décisions politiques, ils sortent du domaine de la médecine. La parole d’un psychiatre n’est donc rien de plus que son point de vue propre. Les psychiatres s’opposant à l’égalité des droits sont en général des freudistes convaincus. Or Freud est sur le terrain de la psychanalyse, domaine vu par le grand public comme un domaine médical alors qu’il n’en est pas un : il n’est pas validé par la science. Il n’est fait que de théories, émises à une époque donnée dans un contexte donné (société judéo-chrétienne et patriarcale pour ce cher Sigmund) sans jamais avoir été fondé sur la preuve (la psychanalyse n’est pas « evidence based medicin »! ).
    Ce que je regrette, c’est que ces théories soient enseignées comme des vérités d’une manière verticale sans jamais inviter les…

     
  • Par Hinageshi 10 oct 2012 - 19 H 50
    Avatar de Hinageshi

    La question de l’attitude de la psychanalyse vis-à-vis de l’homosexualité est sans doute assez compliquée.

    Il y a un (long mais) très intéressant entretien d’É. Roudinesco et F. Pommier, qui aborde cette question, et mentionne aussi le problème d’une homophobie à l’œuvre dans L’International Psychoanalysis Association :
    http://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2002-1-page-7.htm

    Quant au toujours très homophobe Jean-Pierre Winter, je crois me souvenir avoir lu je ne sais plus où que, comme diplôme universitaire, il serait détenteur d’une maîtrise de philo.
    Mais il ne faut pas s’y tromper, avoir fait des études davantage en rapport avec la question de la santé des enfants (psychiatre, pédopsychiatre) ne préserve pas d’être homophobe ; témoin P. Levy-Soussan dans le journal de France 2. Qui ose affirmer — sans preuves, évidemment… — le caractère partial des études existantes. Ce monsieur prétend savoir que les études ont été conduites par des militants de la cause LGBT. On se demande bien comment il est parvenu à des telles révélations… Transmission de pensée, peut-être ?

    Parmi les psy-quelque-chose appelés en renfort contre l’homoparentalité, on trouvera presque toujours :
    JP Winter ;
    C. Halmos (psychologue) ;
    C. Éliacheff (pédopsychiatre) ;
    Aldo Naouri (pas psy, mais pédiatre) ;
    C. Flavigny (psychiatre).
    Et deux ou trois autres que je n’ai plus en tête.

    Je conseille d’ailleurs vivement ce lien sur psychologies.com où 9 psys sont…

     
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