France
Société | 08.10.2012 - 15 h 30 | 2 COMMENTAIRES
Comment mieux accueillir les demandeurs d’asile LGBTI?
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Les ONG ne sont pas toujours à la hauteur quand il s’agit d’accueillir des réfugiés LGBTI. Qu’en est-il en France?

L’Organisation pour le refuge, l’asile et la migration (ORAM) vient de publier un rapport où elle pointe du doigt les difficultés qu’éprouvent certaines organisations non-gouvernementales (ONG) à accompagner et à prendre en charge les personnes LGBTI qui effectuent des demandes d’asile.

Une enquête a été menée auprès d’ONG dans 100 pays, en collaboration avec le Haut commissariat aux réfugiés de l’Onu. D’après des estimations partielles – il est très difficile de chiffrer le nombre de personnes LGBTI qui font une demande d’asile – 175 millions de non-hétérosexuel-le-s font l’expérience de situations dangereuses, voire violentes, mais seul-e-s 3000 d’entre eux/elles sont bénéficiaires d’une protection internationale.

D’après l’ORAM, les ONG ne sont pas toujours en mesure d’appréhender pleinement la situation des personnes LGBTI qui font appel à elles. Selon son enquête, 9% des ONG «ne se déclarent pas prêtes à fournir l’assistance nécessaire» à ce public spécifique. Le représentant d’une ONG participant à l’enquête a même confié (anonymement): «Les réfugiés, les migrants… qui sont homosexuels ou lesbiennes, ils sont mal vus». «De nombreuses ONG n’accueillent pas de réfugiés LGBTI qui restent donc isolé-e-s des autres demandeurs d’asile, explique Oren Pizmony-Levy, sociologue à l’université de l’Indiana. En jugeant que les persécutions subies en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne sont pas graves, ces organisations ferment les yeux sur le problème.»

QU’EN EST-IL EN FRANCE?
La situation n’est pas aussi critique en France, tempère l’Ardhis, une association spécifiquement tournée vers l’accompagnement des demandeurs/euses d’asile LGBTI. «Beaucoup d’associations d’accueil en France ne méprisent pas ce type de demande d’asile, certaines font très correctement le travail d’accompagnement, nous a assuré un membre de l’association. Parfois, les récits Ofpra sont insuffisamment travaillés, soit par manque de temps, soit par manque d’expérience sur la manière d’aborder le sujet. L’Ardhis peut alors venir en soutien.»

Certains points noirs restent tout de même présents: parce qu’elles vivent avec des personnes venant du même pays, des personnes LGBTI «continuent à craindre d’être stigmatisées en tant qu’homosexuel-le-s, alors qu’elles vivent en France, ce qui les amène jusqu’à cacher leur orientation sexuelle dans leur dossier de demande d’asile, alors que c’est pourtant le motif essentiel du départ de leur pays».

L’ORAM comme l’Ardhis se retrouvent sur l’idée qu’une meilleure formation des bénévoles des ONG est nécessaire. L’Ardhis propose notamment de les sensibiliser pour mieux cerner les sujets à aborder et les encourage à poser des questions ouvertes pour inciter les demandeurs à divulguer leurs véritables motifs de demande d’asile.

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LES réactions (2)
  • Par etienne 09 oct 2012 - 19 H 03

    Les ONG des organisations de saintes et de saints? Non, bien sûr que non. Des groupes de personnes ” humaines ” , rien plus..

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  • Par Marthe aujourd'hui - 11 H 40

    Oui, les ONG sont des groupes de personnes humaines. Il y a un grand chef quelque part qui commande le groupe. Pour faire partie de l’organisation, il faut suivre les “ordres”. A bon entendeur. :)

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