Qu’Yvan Attal ait souhaité réaliser l’adaptation de Humpday (2009), de Lynn Shelton, film indépendant américain pas forcément majeur, passe encore. On a les marottes qu’on mérite. Mais pourquoi diable avoir embarqué François Cluzet, Charlotte Gainsbourg, Asia Argento et j’en passe dans cette galère?

PORNO
Rappelons le pitch de Do Not Disturb, sur les écrans depuis hier, mercredi 3 octobre. C’est l’heure des retrouvailles pour Jeff (François Cluzet) et Ben (Yvan Attal), deux vieux potes soudés par une sacrée amitié virile (ça fait de bonnes blagues et ça se tape dans le dos en buvant des bières). Tandis que le premier est une sorte de baroudeur style Camel Trophy qui aurait refusé de grandir, le second est rangé des voitures avec une jolie épouse (Laetitia Casta), un super appart, etc. Les deux amis vont alors se lancer un pari fou-fou: réaliser un porno ensemble (coucher, quoi) pour un festival de porno amateur US. Primo: le coup du festival de X amateur, ça le fait plutôt bien outre-Atlantique, mais on a beaucoup plus de mal à y croire dans nos contrées. Deuxio: les deux gars ont l’impression d’avoir trouvé l’idée du siècle… alors que le fantasme des deux copains straight qui se touchent mutuellement la nouille nourrit depuis bien longtemps un nombre incalculable de sites, vidéos, etc.

FASCINANTE SODOMIE
Le film entretient donc pendant 88 minutes qui nous ont semblé interminables une sorte de suspense tragi-comique: (attention, nous allons être vulgaire) Jeff et Ben vont-ils réussir à s’enculer devant la caméra? Vous imaginez bien que, nous, dans notre fauteuil, on n’en a à peu près strictement rien à faire. Pire, on sent monter en nous un certain agacement face à cette vieille fascination qu’entretiennent certains hétéros pour la sodomie (les interviews trash de Thierry Ardisson, le club Le Rectum dans l’infâme Irréversible, de Gaspar Noé, pour ne citer que cela). On a sérieusement envie de leur dire: explorer votre trou de balle comme zone érogène, vous verrez, c’est pas mal, mais arrêtez de nous gonfler avec ça comme si vous aviez découvert la vie sur Mars.

Si encore Yvan Attal s’était contenté d’une comédie potache… Mais non, il double son discours d’une réflexion à la petite semaine sur la création artistique et la condition masculine, et nous sort les violons sur l’amitié. Et la coupe est pleine quand il met en scène Charlotte Gainsbourg et Asia Argento en couple lesbien branché qui fait la gueule plus cliché tu meurs. La scène où les deux femmes s’amusent avec un gode-ceinture devant un Cluzet tout émoustillé (mais attention, hein, les deux nanas vont bien signifier au mâle excité qu’elles ne veulent pas être un fantasme pour hétéros et qu’elles lui mettraient bien le sextoy là où je pense – quelle audace queer!) mériterait à elle seule qu’on quitte la salle. Do Not Disturb, donc.


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