France
Société | 28.09.2012 - 19 h 08 | 13 COMMENTAIRES
Des activistes LGBT lancent un appel contre le Pacte budgétaire européen
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À quelques jours de la manifestation de dimanche contre le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, des militant-e-s LGBT se sont associé-e-s au mouvement.

À quelques jours de la manifestation organisée ce dimanche 30 septembre à Paris contre le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, le fameux «Pacte budgétaire», des militant-e-s LGBT se sont associé-e-s au mouvement. Parmi eux/elles, des membres du Parti de Gauche, du PCF, d’associations (Act Up-Paris, SOS homophobie, Osez le Féminisme, HES…), des syndicalistes, des élu-e-s…

L’ÉGALITÉ DES DROITS À L’ÉPREUVE DE L’AUSTÉRITÉ
«L’année 2012-2013 devrait être une année d’avancée en matière d’égalité des droits pour les personnes LGBT avec la promesse de l’ouverture du mariage pour tou-te-s et du début de la reconnaissance législative de l’homoparentalité, même si le gouvernement semble pour le moment bloquer sur l’ouverture de l’adoption conjointe hors mariage, sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes et sur la reconnaissance de la filiation dans les projets de coparentalités et même si par ailleurs aucun calendrier n’est pour le moment connu concernant le droit de toute personne à changer son état-civil en fonction de son identité de genre, écrivent-ils/elles. (…) Certes le combat pour la reconnaissance de l’égalité pour toutes les formes d’union reste en grande partie une lutte idéologique pour faire changer les mentalités, mais que vaudra concrètement cette égalité dans les vies des personnes LGBT, si la victoire symbolique en matière d’égalité des droits en 2013, se conjugue dans le même temps avec l’austérité ? Le fait que la promesse du mariage pour tou-te-s fasse oublier toute avancée des droits sociaux et économiques dans le cadre du PACS, tel que le droit à la pension de réversion pour le conjoint survivant pacsé que demande le mouvement LGBT ces dernières années, n’est-il pas lui-même la conséquence des politiques d’austérité déjà mises en œuvre par anticipation de la règle d’or?»

L’EXEMPLE DE LA GRÈCE
«La crise économique et les politiques libérales accentuent la compétition de tou-te-s contre tou-te-s, notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, à la santé et sont le terreau de toutes les discriminations, qu’elles soient sexistes, xénophobes ou LGBT-phobes, et également des idéologies réactionnaires. Et dans le même temps, en période de crise aggravée, il est très difficile de faire avancer les droits LGBT quand la priorité est principalement donnée aux dossiers économiques, poursuit l’appel. (…) Aujourd’hui même, en Grèce, principale victime des politiques austéritaires imposées dans l’Union européenne depuis 2009, on voit la montée en puissance d’un parti néo-nazi avec pignon sur rue, l’Aube dorée, qui prospère dans le contexte de crise et dont les membres ne se privent pas de faire des descentes violentes dans les rues d’Athènes contre les étrangers, les homosexuels ou les transgenres, avec une quasi impunité. Alors que la Grèce est l’un des pays de l’UE les moins dotés en matière de droits LGBT, la crise économique et la priorité donnée au dépeçage du secteur public a définitivement renvoyé hors calendrier toute possible avancée dans ce domaine. Et dans cette même Grèce meurtrie par les coupes budgétaires à répétitions, le taux d‘infection au VIH a augmenté de 52% entre 2009 et 2010 d’une part du fait de la chute des financements des politiques de prévention de santé sexuelle, et d’autre part à cause de l’augmentation des pratiques à risques de toute une population qui ne se voit pas d’avenir.»

«PASSER DE L’ÉGALITÉ FORMELLE À L’ÉGALITÉ RÉELLE»
«En France aussi toutes les politiques publiques tombent sous le coup de restrictions budgétaires. Les personnes LGBT ont besoin comme tout le monde de services publics qui fonctionnent, de transports, d’équipements publics, d’égal accès aux droits sociaux dans tous les territoires et les quartiers, et aussi du soutien financier des pouvoirs publics à l’intervention du tissu associatif. Mais de façon plus sectorielle, comment imaginer la mise en place de nouvelles politiques de luttes contre les discriminations LGBT-phobes? Certes, le gouvernement actuel affiche en ce domaine une volonté de principe qui tranche avec le précédent mais comment passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle si la dépense publique est appelée à diminuer?», s’inquiètent les militant-e-s, qui appellent donc à manifester dimanche contre la ratification du traité.

Lire l’appel en intégralité et voir la liste des signataires.

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LES réactions (13)
  • Par tof81 28 sept 2012 - 21 H 52
    Avatar de tof81

    Moi aussi, je suis contre le Pacte budgétaire européen.

    Le 30 septembre c’est important de montrer que l’on n’est pas dupe.

    Pour moi cela va au-delà du fait que l’on soit des LGBT. C’est notre avenir qui est en jeu.

    Une fois que l’on sera pieds et poings lié, notre système social ne tiendra pas face aux nécessités de la rigueur budgétaire imposé par l’Europe.

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  • Par tof81 28 sept 2012 - 21 H 55
    Avatar de tof81

    Certains veulent un référendum pour quelque chose que notre constitution nous garantie : l’égalité

    Alors que pour notre avenir économique à tous et à toutes, le peuple n’a pas ce droit qui lui est donné.

    On veut un référendum : non au Pacte budgétaire imposé par l’Europe !

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  • Par Le Petit Pop 30 sept 2012 - 10 H 19

    Quelle bonne idée de vouloir s’opposer à ce traité européen: comme cela, le traité s’appliquera quand même, puisque c’est un traité qui sera ratifié par la majorité des pays européens, et on ne bénéficiera par contre pas des investissements du Pacte de Relance et ses 120 milliards!

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  • Par Boyspirit 01 oct 2012 - 15 H 15
    Avatar de Boyspirit

    +1 Le Petit Pop
    C’est comme pour le débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe en fait : le débat a déjà eu lieu, la balle est dans le camp du législateur.

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  • Par Boyspirit 01 oct 2012 - 15 H 17
    Avatar de Boyspirit

    @tof81
    « Non au Pacte budgétaire imposé par l’Europe ».
    Ah, parce que la France ne fait pas partie de l’Europe et n’a donc pas pris part à la décision ? On en apprend tous les jours…

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  • Par tof81 01 oct 2012 - 20 H 42
    Avatar de tof81

    @boyspirit

    Ce n’est pas parce que le précédent président à fait des conneries que l’on est obligé de les suivre : donner de l’argent à ceux qui n’en non pas besoin en allégeant l’imposition (du coup il y a des des manques à gagner dans les recettes et après il pleure qu’il n’y a plus d’argent et justifie les économies budgétaires parce qu’il a donné du fric aux riches) ou en créant des niches fiscales pour qu’ils échappent à l’impôt (pour ses copains riches, les pauvres n’en on pas besoin des niches fiscales) , vouloir un pacte budgétaire européen dans la droite lignée du libéralisme qui aura pour effet mécanique de faire disparaître la sécu sociale à termes (vue le contrôle à priori instauré) …

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  • Par Boyspirit 01 oct 2012 - 22 H 20
    Avatar de Boyspirit

    @tof81 CQFD. Puisque c’est « le précédent président » qui a décidé de faire approuver le TSCG par les parlementaires français (et que l’actuel n’est pas revenu sur cette décision), ce n’est donc pas « l’Europe » qui l’a imposé…

    Du reste, je ne vois pas bien ce qu’il y a de « libéral » à fixer un cadre budgétaire et à maîtriser l’endettement, surtout dans un pays où le premier poste de dépense n’est même pas l’éducation ou la santé, ce sont les intérêts de sa dette. Prévenir les jeunes générations de payer les dettes de leurs parents, c’est libéral ça ?

    Charge après au gouvernement de choisir sur qui il veut faire peser les efforts (les entreprises ? les ménages aisés ? les rentiers ?) mais l’UE n’a rien à voir avec cela, chaque Parlement est souverain en matière de budget. C’est la raison pour laquelle ton allégation sur la disparition à terme de la sécurité sociale est un mythe grossier.

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  • Par tof81 aujourd'hui - 1 H 22
    Avatar de tof81

    @boyspirit

    C’est quand même une décision de l’Europe que Sarkozy et Hollande veulent ratifier. Que l’on ai deux président pour le pacte n’empêche pas que c’est l’Europe qui veut que le pacte soit ratifié.

    Ce qui est libéral, c’est la disparition du service public au profit des entreprises car c’est à cela que l’on va arriver mécaniquement si on suit bêtement le pacte sans ajustement (vue que l’on aura les pieds et point liés). Ça s’est du libéralisme. Un exemple : cela fait un moment que des sociétés d’assurances attendent de pouvoir récupérer la sécurité sociale. Avec les charges sociales qui sont exonérés auprès des très grandes entreprise depuis 10 ans par le gouvernement de droite on aurait pu renflouer le trou de la sécurité sociale (si tout le monde payait vraiment). Mais le choix qui a été fait, c’est d’exonérer certaines charges sociales et donc si on a moins de rentré, on est en déficit. C’est mathématique. Donc, on crée un déficit artificiel, on dit que cela ne peut plus possible de continuer comme cela et que l’on n’a plus le choix et après on donne la sécu aux société privé.
    Ce choix qui est d’alléger les charges des entreprises ne fonctionne pas : on a moins de rentré fiscales (donc la dette se creuse pour les entreprises) et en remerciement les entreprises licencient (donc des chômeurs qu’il faut indemniser).
    On voit le résultat actuellement avec Arcelormittal et les remerciements des actionnaires qui licencient tout le monde.

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  • Par tof81 aujourd'hui - 1 H 24
    Avatar de tof81

    rectification : (donc la dette se creuse pour l’état)

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  • Par Boyspirit aujourd'hui - 16 H 17
    Avatar de Boyspirit

    C’est comme si tu disais que « l’Élysée » a adopté l’ouverture du mariage au couple de même sexe.

    Donc une nouvelle fois non, ce n’est pas l’Europe. Chaque État était libre ou non de s’engager en ce sens et aucun bras n’a été tordu. Le Royaume-Uni et la République Tchèque ont refusé de ratifier le TCSG et des parlements nationaux pourraient très bien ne pas le soutenir.

    Quant à l’exemple que tu développes et en admettant qu’on aille au bout de ta logique (bien qu’aucun gouvernement n’a jamais envisagé de privatiser la sécurité sociale), à aucun moment l’Europe n’intervient là-dedans, puisque toutes les décisions sont d’abord gouvernementales. Si tu veux réduire le déficit de la sécu, d’autres choix sont possibles. C’est pareil pour le budget de l’État.

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  • Par tof81 aujourd'hui - 18 H 34
    Avatar de tof81

    @boyspirit

    Tu confonds entre quelqu’un qui propose et quelqu’un qui dispose.

    Ici, l’Europe propose le pacte et la France accepte (valide) le pacte. Mais à l’origine c’est l’Europe qui est à l’initiative de cette décision.

    Tu fais la même erreur avec le mariage : le gouvernement propose le projet de loi sur le mariage pour tous et l’assemblée nationale amende et vote cette loi (ou pas).

    Par contre , je suis d’accord avec toi, on peut refuser le Pacte budgétaire européen en ne le votant pas, c’est pour cela qu’il y a eut la manifestation dimanche.

    Quand au fait que tu affirmes « qu’aucun gouvernement n’a jamais envisagé de privatiser la sécurité sociale », je pense que tu t’avances un peu trop en affirmant savoir ce que pense les personnes (les gouvernants). Moi je dis juste que lorsque le déficit ne sera plus acceptable et que l’Europe demandera que l’on règle ce problème de déficit en accord avec le Pacte budgétaire européen que Hollande veut faire passer, les gouvernants viendront nous dire qu’on ne peut plus continuer comme cela et qu’on n’a plus le choix (à cause de l’Europe) et donc ils privatiseront la sécurité sociale pour régler ce problème. Les gens diront amen et ils avaleront la pilule sans broncher car soit disant on n’a plus le choix.

    Ce choix, on l’a dés maintenant en expliquant que ce Pacte budgétaire européen nous sera nuisible et qu’il ne faut pas le voter.

    Normalement, on doit être capable de gérer son budget sans…

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  • Par tof81 aujourd'hui - 18 H 34
    Avatar de tof81

    Normalement, on doit être capable de gérer son budget sans que le voisin ai besoin de venir voir ce qu’il s’y passe (dans nos comptes).

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  • Par Boyspirit aujourd'hui - 19 H 11
    Avatar de Boyspirit

    C’est un vrai dialogue de sourds : « Mais à l’origine c’est l’Europe qui est à l’initiative de cette décision ». QUI en Europe ? Ceux-là même qui étaient libres de ratifier ou non le TCSG (comme Cameron et Necas l’ont fait, je le répète).

    Sur la sécurité sociale, je te retourne le compliment. Puisque tu prétends que ce traité va aboutir à sa privatisation, à toi la charge de la preuve : où en est-il question ?

    « Normalement, on doit être capable de gérer son budget sans que le voisin ai besoin de venir voir ce qu’il s’y passe (dans nos comptes). »
    Oui, normalement. Depuis combien d’années la France présente-t-elle un déficit budgétaire ? Indice : dix ans avant Maastricht…

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