Égalité des droits, Société | 28.09.2012 - 20 h 47 | 0 COMMENTAIRES
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Campagne «Ferme-la!»: le collectif Dur-e-s à Queer s’explique

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«Notre campagne a pour but d'affirmer notre légitimité à réclamer très fort ce qui devrait être une évidence: nous ne valons pas moins que les hétérosexuels, alors nous voulons leurs droits», affirme Xavier, du collectif transpédégouine nantais.

La nouvelle campagne des Dur-e-s à Queer, le collectif transpédégouine nantais, fait beaucoup parler d'elle (sur Yagg notamment) depuis ce vendredi matin. «À propos du mariage gay… Ferme-la! On veut tes droits, pas ton avis!» fait partie des slogans qui ne mâchent pas leurs mots.

Xavier, des Dur-e-s à Queer, explique pour Yagg la démarche du collectif avec cette campagne choc.

Votre nouvelle campagne suscite de nombreux commentaires depuis ce matin. Certain-e-s l'adorent, d'autres la détestent. Vous vous attendiez à de telles réactions? Comment avez-vous choisi les slogans? Quel est l'objectif? Difficile de savoir à quoi on s'attendait. L'idée de la campagne est venue suite aux réactions multiples (Monseigneur Vingt-Trois, Christine Boutin, Natacha Polony…) qui ont la prétention de s'immiscer dans la décision politique et qui demandent un référendum pour savoir si oui ou non nous devons continuer à être exclu-e-s de la citoyenneté pleine et entière. Qui accepterait qu'on pose la question de savoir si tel groupe social (les fans de foot, les profs, les porteurs de marcel…) doit avoir les mêmes droits que le reste de la population?

C'est bien à ça que nous répondons «la ferme!», à ça que nous disons qu'il n'y a pas de débat. L'article 1 de la Constitution garantit l'égalité des droits. Il existe des droits dont les gays et les lesbiennes sont exclu-e-s, au législateur de faire le travail pour rétablir cette injustice.

Certain-e-s vous reprochent d'utiliser un ton agressif («ferme-la!») pour répondre à l'homophobie. Que leur répondez-vous? Et sur le fait que le «ferme-la!» serait un refus de débat, donc un déni de démocratie? Non il n'y a pas de débat là-dessus. D'ailleurs, pour nous, l'égalité des droits doit être garantie quel que soit le sexe, l'identité de genre, la sexualité, le lieu de naissance, l'état de santé, l'origine… L'idée même de débattre est une extrême violence, et je crois que les réactions positives montrent à quel point nombre de gouines et de pédés n'en peuvent plus d'entendre à tour de bras des gens parler de nous en se demandant si on est assez bien pour avoir les mêmes droits qu'eux! Pour qui ils se prennent?

Ceux qui souhaitent un référendum ne débattent pas, il nient notre valeur sociale.

Par ailleurs, on ne les empêche pas de débattre, on refuse simplement que leur «goût» personnel dicte la loi. Moi je n'aime pas les jeans slim, je n'interdis à personne d'en porter et l'appel à un référendum serait un peu excessif.

Soyons clair, le fond du problème de ces gens c'est de maintenir la hiérarchie entre les sexualités, de continuer à faire de l'homosexualité au pire une perversion, au mieux un exception.

De cet état de fait découle le mal-être de nombreux jeunes gays et lesbiennes, les violences, les discriminations… Et bien notre campagne a pour but d'affirmer notre légitimité à réclamer très fort ce qui devrait être une évidence: nous ne valons pas moins que les hétérosexuels, alors nous voulons leurs droits. Ni plus ni moins. Dans le même temps, à l'heure où des incertitudes apparaissent quant au projet de loi gouvernemental, il s'agit aussi d'affirmer que nous n'accepterons pas un sous-projet, un sous-mariage, avec la PMA en moins ou autre chose… que serait tenté de proposer le gouvernement pour «calmer le jeu». Notre message c'est de dire que ces revendications n'ont rien d'extravagant, de maximaliste, de radical même! C'est l'application simple d'un principe constitutionnel.

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Directeur de la rédaction de TÊTU
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