Homoparentalité, Mariage | 20.09.2012 - 12 h 52 | 0 COMMENTAIRES
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Un conseiller de François Hollande contre l’adoption par des couples homosexuels

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Sur son blog, un chargé de mission du président de la République rapproche les familles homoparentales des familles polygames et préconise que l’adoption ne soit que partielle dans les couples de même sexe.

[Mise à jour, 13h50] Réaction du ministère des Droits des femmes

Depuis le mercredi 20 juin 2012, Bernard Poignant, le maire de Quimper, est chargé de mission auprès du chef de l’État, rapporte Ouest France. Ses attributions consistent à «faire l’interface avec la société civile» à titre bénévole. Cette proximité avec François Hollande lui permet de faire entendre ses idées de façon privilégiée. En 2010, il avait pourtant fait des vagues avec une tribune assimilant l'homoparentalité à la polygamie. Contacté hier par le Lab Europe 1, il maintient ce qu’il a publié en 2010.

«L'ENFANT DOIT SAVOIR QU'IL NE VIENT PAS DE DEUX PÈRES OU DE DEUX MÈRES»
Dans ce billet de blog intitulé «Maman, papa, bébé», juste après avoir évoqué l'homoparentalité, il écrit: «Aujourd'hui chacun vit en couple comme il l'entend. Même la polygamie est présente bien que la loi l'interdise. Et il existerait de 50000 à 150000 enfants vivant en France dans des familles polygames sans que personne n'exige une loi pour légaliser ce type d'alliance». En somme, l’absence de reconnaissance juridique pour les familles homoparentales n’est en rien gênante d’après lui.

Il aborde en passant le cas de ces gens qui «ont eu une vie hétérosexuelle avant de former un couple homosexuel». «Sans doute sont-ils ni pires ni meilleurs les uns les autres», commente-t-il. Ni pires ni meilleurs certes, mais ils ont à ses yeux le défaut d’être de même sexe: à ce titre, ils ne peuvent adopter d’enfant, selon lui. «Un couple d'hétérosexuels peut adopter un enfant en tant que couple puisqu'il est constitué d'un homme et d'une femme, donc d'un père et d'une mère de substitution. Dans un couple d'homosexuels, seule une des personnes peut adopter car l'enfant doit savoir qu'il ne vient pas de deux pères ou de deux mères.» Est-il dans l’intérêt de l’enfant de n’avoir qu’un seul parent légal? Qu’advient-il de ce même enfant élevé par deux parents de même sexe si son parent légal vient à disparaître?

«QUAND LE SUJET SERA DÉBATTU, LE PROBLÈME SERA L'ENFANT»
Le maire de Quimper ne répond pas à ces questions, mais s'interroge aujourd'hui: «Doit-on mettre dans le droit tout ce qui se passe dans la société?» Indifférent à la question du mariage pour toutes et tous – «On peut marier des gens de sexe identique. Mais il y a déjà le pacs. Ça ne change rien» –, il estime que «le problème, c’est l’adoption. Quand le sujet sera débattu, le problème sera l’enfant».

Pour Bernard Poignant, le fait d’avoir deux mères ou deux pères empêcherait l’enfant de se développer, ainsi qu'il l'a expliqué sur son blog en 2010: «À mes yeux et quoiqu'il arrive, [l'enfant] se construit dans l'altérité des genres, masculin et féminin, père et mère. Qu'ils soient présents ou absents, parfaits ou imparfaits. Un enfant doit toujours savoir qu'il a ou a eu un père et une mère. Personne ne peut discuter ce fait. Il faut distinguer la pratique sexuelle du fait de l’adoption.» Ah. Le conseiller de François Hollande n’a visiblement pas encore intégré qu’établir une distinction selon la pratique sexuelle est illégal.

En 2010, Gilles Bon-Maury, alors président d'Homosexualités et socialisme (HES) et aujourd'hui membre du cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, ainsi qu'Yves Formentin-Mory, responsable du groupe local HES Finistère, avaient répondu au maire de Quimper et qualifié ses propos «d'outrances». Ils n'ont visiblement pas réussi à le convaincre.

L’entourage de Najat Vallaud-Belkacem, à qui le Premier ministre a confié une mission sur la lutte contre l'homophobie, souhaite minimiser l’importance de ces propos. «À chaque fois que l’on va vers l’amalgame, c’est préoccupant, a confié à Yagg un proche de la ministre. Nous ne sommes pas solidaires de ces propos qui n’engagent que lui. Il ne s’est d’ailleurs pas exprimé au nom du gouvernement ou du président de la République.»

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