Égalité des droits, Homoparentalité, Mariage, Médias | 19.09.2012 - 16 h 27 | 0 COMMENTAIRES
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Ouverture du mariage: François Fillon veut un débat «dépassionné»

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L'ancien Premier ministre, candidat à la présidence de l'UMP, craint «une fracture supplémentaire dans la société française».

L'imprévisible Jean-Michel Apathie est donc favorable au mariage de couples de même sexe et à l'homoparentalité. Devant un François Fillon au visage peiné, il a fait hier, dans Le Grand Journal, le tour des dérapages homophobes autour du sujet, en remontant aux débats sur le pacs. Christine Boutin, Philippe de Villiers, Brigitte Barèges ou le cardinal Philippe Barbarin sont ainsi montré-e-s du doigt.

«Vous croyez qu'un papa et une maman, c'est dans tous les cas de figure mieux que 2 papas ou 2 mamans? C'est idiot de dire ça. La réalité ne valide pas du tout ça. Alors on peut être pour, on peut être contre, mais il fait choisir ses arguments pour être contre.»

C'est bien là, le problème, des arguments pour être contre, il n'y en a pas.

Appelé à réagir, François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, a concentré sa réponse sur la nécessité d'organiser un débat public, «long» et «dépassionné»: «Les excès de certains discours, notamment à l'occasion des débats du pacs, n'autorisent pas à dire que toute nouvelle modification dans ce domaine est forcément bonne. Ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui disent n'importe quoi à un moment donné que leur opinion est systématiquement à rejeter.

«Moi mon souci dans ce débat – mes positions vous les connaissez, je les ai d'ailleurs exprimées déjà ici –, c'est simplement qu'on n'engage pas un débat qui va créer une fracture supplémentaire dans la société française, parce que justement on va entendre des phrases excessives, des insultes, des choses idiotes qui vont blesser les uns ou les autres.

«Et je pense que si le gouvernement veut avancer sur ce débat extrêmement difficile, il faut qu'il organise un vrai débat national long. Il y a des textes d'ailleurs qui existent pour les lois de bioéthiques, on a mis en place un dispositif qui permet d'organiser des débats publics, avec des experts… (…) Moi ça ne me fera pas changer d'avis, mais ça permet aux Français de se déterminer en connaissance de cause. Parce que la question ce n'est pas seulement “est-ce que c'est bien, un mariage entre 2 hommes et 2 femmes?” et les gens disent “oui, c'est bien, parce qu'ils éprouvent des sentiments les uns pour les autres et après tout c'est normal d'institutionnaliser ces sentiments à travers le mariage”. Mais derrière il y a un certain nombre d'autres questions qui doivent être posées et qui ne le sont pas correctement. Il y a la question de l'adoption, la question de la procréation artificielle…

«Ce sont des sujets sur lesquels on doit avoir un débat qui doit être un débat, j'ai envie de dire, un peu dépassionné. Alors je sais que c'est très très difficile, mais en tout cas moi c'est ce que je conseille au gouvernement s'il ne veut pas ajouter une fracture supplémentaire à une société qui en comprend aujourd'hui déjà beaucoup.»

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez sur Le Grand Journal du 18/09/2012 - Part. 2

Quand il évoque des «choses idiotes qui vont blesser les uns ou les autres», François Fillon sait de quoi il parle, lui qui en février dernier déclarait: «L'institution du mariage a un objectif, celui de la sécurisation des enfants. C'est un objectif qui ne me paraît pas compatible avec les couples homosexuels». Nouvelle couche 2 mois plus tard: «La famille, c'est un homme et une femme, des enfants. (…) Il y a de l'amour partout, tous les comportements sont respectables mais nous avons le devoir de différencier les choses, de protéger la famille».

Des phrases assénées telles quelles, sans argumentation (une fois de plus), qui faisaient écrire à @Xavier Héraud, de Yagg, dans une tribune intitulée «François Fillon, nos familles, elles vous emmerdent»: «Des centaines de milliers de personnes considèrent faire partie d'une famille, mais pour François Fillon elles se trompent: elles ne sont qu'une bande d'individus esseulés et d'orphelins qui tentent de faire passer des vessies pour des lanternes» (revoir aussi le dessin de @Gami, Et pourtant elle tourne…, sur son blog la lumière au fond du placard).

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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