Les associations Rainbow Brest et & BraiseZ (basée à Lannion) lancent une campagne contre les LGBT-phobies intitulée Let Us Be (traduction mot à mot: «Laissez-nous être»). Christophe Segard, le président de & BraiseZ, explique à Yagg les objectifs de cette campagne: «Il s’agit d’une campagne contre les LGBT-phobies qui veut s’inscrire sur le long terme. Nos leitmotivs sont l’amour, la tolérance et le vivre-ensemble. Nous refusons d’utiliser les armes des homophobes que sont la violence et la haine. Nous voulons faire un travail d’éducation».

SOIRÉE RETRANSMISE SUR YOUTUBE
Le coup d’envoi de la campagne sera donné ce vendredi 31 août, à 21h au 4 rue Ernest Renan, à Brest. La soirée sera retransmise en direct sur le site, Youtube et Google+. «Deux courts métrages seront présentés, annonce Christophe Segard. Le premier, réalisé par un jeune infographiste hétérosexuel, met en scène la journée de plusieurs personnages. Ce n’est qu’à la fin du film que l’on voit qu’ils/elles sont gays, lesbiennes, ou hétéros.

«Le but est de montrer que les gays et les lesbiennes sont des gens ordinaires qui vivent les mêmes journées que les hétéros».

«Le second affiche le nom de 101 personnes mortes à cause de l’homophobie, qu’il s’agisse de meurtres ou de suicides. Pour leur rendre hommage, leur nom est visible à différents endroits: sur un miroir, sur une plage, sur un trottoir… Et le 29 septembre, nous projetterons un film de 45 minutes sur comment différentes personnes vivent l’homophobie».

UNE CAMPAGNE MULTIFORME
La campagne Let Us Be prend de multiples formes: «C’est aussi un forum internet qui est un lieu de partage et d’échange, et un réseau social à la manière de Facebook… Une activité dense sur le net, mais aussi dans la rue: nous avons l’intention d’organiser des die-in sur les places centrales des villes pour symboliser les victimes de LGBT-phobies. Et nous allons continuer à intervenir en milieu scolaire grâce au concours d’autres associations». Le die-in est un rassemblement où les manifestant-e-s s’allongent sur le sol pour représenter des mort-e-s. Cette pratique militante a été popularisée en France par Act Up pour protester contre l’épidémie de sida.

«FAIRE AVANCER LES CHOSES»
Toutes ces initiatives exigent donc beaucoup d’investissement de la part des militant-e-s: «C’est vrai que la campagne demande une énergie incroyable à chaque instant, et que nous avons des cernes sous les yeux!, reconnaît Christophe Segard. Cette campagne n’est pas un coup d’épée dans l’eau, elle fera avancer les choses. Les échanges sont déjà fantastiques. Nous voulons propager l’amour et non la haine».

BRUNO WIEL AMBASSADEUR DE LA CAMPAGNE
C’est Bruno Wiel (jeune homme gay victime d’une très violente agression homophobe en 2006) qui est ambassadeur de cette campagne: «Nous ne sommes pas l’Inter-LGBT, nous ne sommes pas Le Refuge… Mais la notoriété de Bruno peut nous aider à attirer l’attention des médias, souligne Christophe Segard. Nous sommes enchanté-e-s et touché-e-s qu’il ait accepté ce rôle».

Bruno Wiel explique à Yagg comment il est entré en contact avec l’équipe: «Suite à la médiatisation du procès de mes agresseurs, Christophe Loustau de Stop homophobie m’a adressé quelques messages via Facebook et nous avons sympathisé. De même, Axelle et Christine de Rainbow Brest m’ont demandé comme ami. Elles m’ont parlé de leur projet, de leur souhait de créer plusieurs événements en Bretagne pour parler, montrer les ravages des LGBT-phobies qui existent encore dans notre pays. Elles m’ont gentiment proposé de devenir ambassadeur de cette campagne. J’ai accepté avec le plaisir de constater ce travail militant en province».

«Je serai présent ce vendredi à Brest à la soirée de lancement de cette campagne. Suite à la médiatisation autour de mon agression, puis du procès, je continue d’accepter des interventions pour montrer les ravages de l’homophobie en France.

«D’autres agressions ont eu lieu depuis la mienne mais qui n’ont malheureusement pas eu la même médiatisation. Je continue donc d’accepter les projets que je trouve utiles afin qu’on parle de l’homophobie en France, qui ne cesse d’augmenter».

Un appel aux dons a été lancé sur Internet pour financer la venue de Bruno, qui habite à Caen, à la soirée de Brest.


Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur Let Us Be – Soon…

Photo Let Us Be