Société | 27.08.2012 - 08 h 05 | 0 COMMENTAIRES
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Le Défenseur des Droits clôt le dossier de Pierre Schydlowski

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Pierre Schydlowski, élève de Saint-Cyr, suivait un double cursus franco-allemand. Il a été exclu après avoir été victime d'un viol dans une boite de nuit munichoise. Depuis, il se bat pour pouvoir terminer ses études.

Il n'attendait rien de précis du Défenseur des Droits (DDD), dit-il, «si ce n'est un début de reconnaissance de ce qui m'était arrivé en Allemagne», mais la déception est tangible. Pierre Schydlowski, ce jeune homo violé dans une boite gay de Munich et exclu de l'école d'officiers de Saint-Cyr, a appris, par une lettre datée du 3 août, que le Défenseur des Droits avait pris la décision de clore son dossier.

«Aucun élément ne [permet] d'établir que la décision d'exclusion prise à votre encontre reposerait sur votre orientation sexuelle supposée et présenterait à ce titre un caractère discriminatoire», précise le document.

Rappel des faits: Pierre Schydlowski, élève de Saint-Cyr, suit un cursus franco-allemand en Allemagne, lorsqu'il est agressé à la sortie d'un bar gay de Munich, alors qu'il vient d'embrasser son ami. Il se défend et écope de 20 jours d'arrêt pour comportement indigne d'un officier. Les remarques homophobes dont il était déjà l'objet se multiplient, mais il résiste. Jusqu'à la nuit du 2 au 3 juin 2011, où il est victime d'un viol dans une boite de nuit gay munichoise, 15 jours avant ses examens de fin d'année. En juillet 2011, il comparaît devant le conseil de discipline de l'école et est exclu, par une décision confirmée en 2012. Il est alors réaffecté, en CDD, aux Écoles du matériel de Bourges. Depuis, il se bat pour pouvoir terminer ses études.

«PAROLE CONTRE PAROLE»

Pour motiver sa décision, le DDD fait état «de résultats universitaires insuffisants» et d'«écarts de comportement» (essentiellement la sanction qui a suivi son agression et, semble-t-il, un accident de voiture). «Cet acharnement sur mes résultats universitaires me sidère, a indiqué Pierre Schydlowski à Yagg. Mes résultats universitaires étaient bons et maintenant on me reproche d'avoir repassé tel ou tel partiel en début de parcours universitaire (le règlement universitaire prévoit que l'on peut repasser un partiel jusqu'à trois fois). Il est exact que j'ai dû repasser deux partiels sur les 34 mais je les ai obtenus au second essai. De nombreux camarades ont dû repasser un nombre de partiels bien plus importants et parfois jusqu'à trois fois sans avoir été inquiétés en quoi que ce soit. Le règlement universitaire prévoit également un nombre minimum de points ECTS à atteindre à la fin de chaque semestre, j'ai toujours dépassé ce seuil, même à la suite du viol.»

Quant aux propos homophobes à son encontre, c'est «parole contre parole», souligne-t-il. «L'instruction diligentée n'a (…) pas permis de confirmer vos allégations», peut-on lire dans la lettre du DDD. «Trouver des éléments de preuve s'avère très difficile, remarque Pierre Schydlowski. La plainte déposée en Allemagne contre mes supérieurs a été classée: la difficulté d'apporter des preuves d'une part, la restrictivité du droit allemand par rapport au droit français sur les faits de harcèlement d'autre part.»

Tandis que l'enquête criminelle sur le viol se poursuit, Pierre Schydlowski se prépare à prouver au tribunal administratif d'Orléans que, contrairement à ce qu'affirme l'Armée, ses notes n'étaient pas mauvaises…

Photo Pierre Schydlowski

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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