Nikolai Alekseev, militant gay de Russie, a menacé de révéler publiquement l’homosexualité de député-e-s russes si la Pride House (le village pour les sportifs et sportives LGBT) était absente des Jeux Olympiques d’hiver de Sochi en 2014.

Invoquant notamment le nom étranger de la Pride House, le ministre de la Justice de la Fédération de Russie a refusé d’enregistrer l’organisation comme partie prenante aux Jeux. La Pride House et les associations locales ont alors déposé plainte, mais le tribunal de Krasnodar Pervomaisky a soutenu le ministère. Les militant-e-s n’ont pas pu faire appel. Nikolai Alekseev se dit prêt à saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) si aucun accord n’est trouvé. Il envisage également de court-circuiter les autorités russes en traitant directement avec les organisateurs/rices des Jeux.

VANCOUVER, LONDRES, SOCHI?
La Pride House a été inaugurée aux Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver en 2010. L’expérience a été renouvelée cette année à Londres. Dès 2010, Nikolai Alekseev exprimait sa volonté de voir une Pride House à Sochi. Il faisait alors partie de l’association GayRussia, qu’il a aujourd’hui quittée.

La Douma, la chambre basse du Parlement russe, compte 450 député-e-s, tandis que 166 élu-e-s siègent au Conseil de la Fédération, l’équivalent du Sénat. À notre connaissance, aucun-e n’est ouvertement gay, lesbienne ou bi.

La Russie a récemment interdit les gay prides pour 100 ans et la justice a condamné les 3 membres du collectif féministe punk Pussy Riot à 2 ans de camp pour avoir célébré une fausse prière dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou.