La Fierté Montréal a débuté hier pour une semaine de manifestations LGBT. Invité de cette édition, Jean-Luc Romero, président du Crips et d’Élus Locaux Contre le Sida (ELCS) a expliqué à Yagg son rôle de Président d’Honneur de l’événement.

«J’apporte mon expérience sur mon implication dans la lutte pour l’égalité, mais aussi dans mon combat contre le sida. Le président de la Fierté Montréal m’a donc contacté parce qu’il voulait faire un focus sur ce thème cette année.» Pour Jean-Luc Romero, parler du sida à l’occasion de cet événement est nécessaire:

«Aujourd’hui, des associations LGBT ont encore du mal à parler du VIH de peur de recréer l’assimilation entre homosexualité et sida. Mais dans les années 80, ce sont des associations LGBT qui ont porté le sida jusqu’aux pouvoirs publics, il est donc primordial de se remobiliser à ce niveau-là aujourd’hui. Je suis notamment très inquiet en ce qui concerne la pénalisation de la séropositivité au Canada.»

Jean-Luc Romero recevra vendredi le prix Claude Tourangeau, qui récompense chaque année un-e acteur-trice de la lutte contre la sérophobie.

La semaine dernière, le collectif de la Dyke March radicale avait critiqué la dépolitisation de la Pride de la Fierté Montréal. Moins militante la Marche? Pour Jean-Luc Romero, le programme de cette semaine est loin d’être essentiellement festif: «On m’a invité pour que je parle aussi de choses politiques, et je ne me sens pas bridé du tout», note-t-il. «Avec Laurent McCutcheon, le président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, nous avons évoqué récemment l' »après-mariage » pour les militant-e-s LGBT québécois-e-s. On voit aujourd’hui que la marche n’a plus les mêmes revendications», estime Jean-Luc Romero. Il note cependant que les trans’ ont encore beaucoup de revendications, comparé aux LGB.

«CONTINUER À MILITER»
Le président d’ELCS constate qu’au Québec, les droits ne sont plus remis en cause par aucun parti politique. Le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe n’apparaissent pas comme des questions clivantes. «Mais une fois l’égalité acquise, on doit continuer à militer contre l’homophobie du quotidien, au travail, à l’école. En France, on peut demander à tous les politiques les plus conservateurs opposés à l’égalité des droits s’il faut lutter contre l’homophobie, ils répondront: « Oui, évidemment ». Alors ce sera évidemment très complexe lorsque la loi sur le mariage et l’adoption sera passée. Et par la suite, ce ne sera plus la même mobilisation auprès des militant-e-s… On va s’ennuyer!», ajoute-t-il en plaisantant.