Les faits remontent à janvier 2011: un homme, Joseph Kwabena Owusu-Sekyere, avait contacté la rédaction du journal Daily Guide pour raconter qu’il avait eu une longue relation amoureuse avec un membre du gouvernement, depuis l’époque où tous deux étaient à l’université. Même si son nom n’avait pas été cité, la description du poste occupé permettait de deviner qu’il s’agissait de Paa Kwesi Amissah-Arthur, alors gouverneur de la Banque du Ghana, devenu aujourd’hui le nouveau vice-président après la mort soudaine du président John Atta-Mills le 24 juillet dernier.

«C’EST ABSOLUMENT FAUX»
Nommé fin juillet, le nouveau vice-président a nié en bloc les allégations sur sa prétendue homosexualité largement véhiculées par les médias lorsqu’il a déposé sa candidature: «C’est faux, c’est absolument faux. Je n’ai pas vu cet homme depuis quelque chose comme 40 ans. Je l’ai revu une fois, à peine deux minutes. Il est venu chez moi me demander de l’argent, je lui en ai donné un peu et je ne l’ai plus revu ensuite», s’est-il justifié. Selon Paa Kwesi Amissah-Arthur, plusieurs éléments dans l’histoire que rapporte celui qui clame être son ex-amant ne correspondent pas à la réalité. Il a dû se justifier lors d’une rencontre parlementaire début août.

«Je n’aime pas la façon dont lui et d’autres personnes haut placées traitent les gays et esquivent les relations dans lesquelles ils sont impliqués», a déclaré Joseph Kwabena Owusu-Sekyere pour justifier le besoin qu’il avait eu de faire cette révélation aux médias. Si l’outing était passé inaperçu en 2011, les médias ghanéens se sont aujourd’hui emparés de l’affaire, cherchant notamment à démêler le vrai du faux dans les déclarations très contradictoires des deux hommes. Pour certains, la réponse du vice-président manque de conviction et l’opposition risque d’utiliser cette affaire lors de la prochaine campagne électorale. Les Ghanéen-ne-s seront appelé-e-s aux urnes en décembre 2012.

UNE SOCIÉTÉ ENCORE HOSTILE POUR LES LGBT
Faire son coming-out reste très difficile au Ghana, tant les LGBT doivent faire face à une pression sociale et religieuse très hostile, mais aussi au harcèlement policier. Les relations sexuelles entre hommes peuvent être punies de prison. Le défunt président John Atta-Mills s’était montré profondément hostile à la décriminalisation de l’homosexualité, notamment lorsque le gouvernement britannique avait émis l’idée de prévoir des sanctions financières aux pays ne respectant pas les droits humains.