Dans son édition du samedi 11 août, Ouest-France publie un édito de François-Régis Hutin, le PDG du quotidien régional, intitulé
Prière, mariage homosexuel, euthanasie, qui prend clairement position contre l’égalité des droits entre homos et hétéros, un peu plus d’un mois après un autre édito du même acabit, signé Jeanne Emmanuelle Hutin, la fille du PDG. Mener une croisade contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et l’homoparentalité, c’est donc une affaire de famille au sein du quotidien le plus lu en France (750000 exemplaires diffusés chaque jour – source OJD).

Profitant de la prière anti-égalité des droits du 15 août initiée par le cardinal Vingt-Trois, à laquelle il accorde une pleine et entière légitimité («Les Églises ou quelque religion que ce soit peuvent s’exprimer en France et ont le droit de prier pour qui et pour quoi elles le désirent. Prétendre limiter ce droit serait, en effet, porter atteinte à la laïcité»), le patron de presse reprend une vieille antienne bien connue: «l’Église catholique condamne l’homophobie, c’est-à-dire le mépris ou la persécution des homosexuels, tout en refusant d’accepter ces pratiques qu’elle condamne, mais sans condamner les personnes concernées.»

PACS
Pour l’éditorialiste, mariage et homoparentalité ne riment pas avec égalité des droits. Selon lui, le pacs est suffisant et «on ne voit pas bien ce que le mariage apporterait en plus». «Le droit parental s’exerce en tant que tel pour un père ou une mère, que ceux-ci soient pacsés, mariés ou en union libre. Et s’il y a litige, le juge en décide dans tous les cas», écrit-il. Les familles homoparentales privées de droits apprécieront. En revanche, accorder le droit au mariage aux homos priverait «de son sens profond» le mariage qui est, selon lui, «d’assurer dans de meilleures conditions la prolongation de la vie de la société en garantissant une certaine sécurité, notamment aux femmes et aux enfants, qu’ainsi l’homme ne peut abandonner au gré de ses désirs».

«IRRÉMEDIABLES CONSÉQUENCES»
Et François-Régis Hutin de conclure sur un ton alarmiste, qui n’est pas sans rappeler la référence au chaos chère à Christian Vanneste: «Notre pays, en proie déjà à de nombreuses et si graves difficultés, a-t-il vraiment besoin de se voir divisé sur de telles questions? On sait parfaitement qu’elles résonnent au plus profond des consciences et qu’une fracture provoquée à ce niveau pourrait avoir de considérables et irrémédiables conséquences.» Tous les sondages d’opinion montrent que les Français-es sont en majorité favorables à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. On se demande bien qui attise les divisions…

Merci aux nombreux-ses yaggeurs et yaggeuses qui nous ont signalé l’info.