Un couple gay a été victime d’une agression homophobe lundi soir à Anderlecht, dans la région Bruxelles-Capitale en Belgique. L’un des 2 hommes est sorti promener son chien vers 22h30 et a été l’objet d’insultes homophobes de la part de 3 individus. Ces derniers l’ont suivi jusqu’à son domicile et l’ont poussé au sol. Son compagnon est alors intervenu et a également essuyé des insultes homophobes. Il a répondu aux insultes et un des agresseurs lui a donné un coup de poing dans l’œil. La victime est alors tombée à terre et les agresseurs lui ont donné des coups de pieds dans le ventre jusqu’à ce qu’il fasse un malaise.

DEUX JOURS D’ARRÊT DE TRAVAIL
Un seul suspect, qui est âgé de 35 ans et serait connu des services de police pour 22 faits, a été interpellé et mis à disposition du parquet. Les 2 autres agresseurs ont pris la fuite. L’homme roué de coups a lui été brièvement hospitalisé et a obtenu un arrêt de travail de 2 jours.

«ON OSE METTRE L’ÉTIQUETTE HOMOPHOBE»
Cette agression fait suite à 2 meurtres homophobes enregistrés en Belgique depuis début 2012: il y a eu le meurtre d’Ihsane Jarfi en mai, et celui de Jacques Kotnik en juillet. Thibaut Delsemme, chargé de projet à l’association LGBT Arc-en-Ciel Wallonie, explique à Yagg que l’agression d’Anderlecht n’est pas nécessairement signe d’une recrudescence d’homophobie: «Aujourd’hui, on ose mettre l’étiquette homophobe sur cette agression, alors qu’il y a 20 ans on aurait juste dit qu’un homme avait été tabassé. De plus, cette agression-là est plus visible dans les médias parce qu’elle fait suite aux 2 meurtres, elle serait peut-être passée inaperçue autrement.»

«CRISE ÉCONOMIQUE»
Le responsable associatif estime cependant que la situation économique actuelle peut favoriser les violences homophobes: «En période de crise, les acquis concernant la lutte contre le sexisme, la xénophobie et l’homophobie sont mis en danger. Dans ce contexte difficile, on cherche des exutoires sociaux.»

«AGIR AVEC LES COMMUNES»
Thibaut Delsemme salue le travail des pouvoirs publics: «Le ministère de la Justice s’est engagé à durcir les peines en cas d’agression commise pour motifs discriminatoires, et la ministre de l’Intérieur a lancé un plan national de lutte contre l’homophobie, qui comprend une formation des magistrat-e-s et des policier-e-s au traitement des agressions homophobes.» Mais selon le militant, il faut aller plus loin: «Il faut étendre ce plan au milieu médical et éducatif, ainsi qu’au personnel des administrations. Nous continuons également à agir au niveau local, pour travailler avec les différentes communes.»

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