Est-ce que Rebelle, dans les salles ce mercredi 1er août, est un bon Pixar? Non. Est-ce qu’il faut aller le voir quand même? Oui, bien sûr. D’abord parce qu’un Pixar, même moyen, est toujours meilleur qu’une bonne partie des films qui sortent en salles. Et ce n’est pas n’importe quel Pixar, c’est le 1er dont le personnage principal est une (très jeune) femme. Que ce soit un événement, en 2012, est un peu déprimant, mais au moins le personnage – à défaut du film – est réussi.

DÉFIER LES TRADITIONS
Merida est la fille du roi Fergus et de la reine Elinor. Depuis qu’elle est toute petite, sa mère la prépare à tenir son rôle de princesse. Le problème, c’est que Merida ne veut pas être une princesse. Pas celle que sa mère voudrait qu’elle soit en tout cas. Elle veut être libre, indépendante, tirer à l’arc tout en galopant sur son cheval. Elle n’est pas tant rebelle, comme le dit le titre français, que volontaire. Elle sait ce qu’elle veut. Et ce qu’elle ne veut pas. Elle ne veut pas épouser l’un des prétendants choisis par ses parents: les fils des chefs des 3 autres clans d’Écosse doivent s’affronter lors d’un tournoi, le vainqueur remportant la main de la jeune fille. C’est à Merida qu’il revient de décider de l’arme, son choix se porte sur l’arc et à la surprise générale elle s’incruste dans le tournoi, mettant minables les 3 gars.

Mais on ne défie pas comme ça les traditions, ce serait trop simple. Merida s’enfuit et fait une grosse bêtise: elle demande l’aide d’une sorcière. Première leçon: toujours formuler très clairement ce que l’on attend d’un sort… Comme c’est un film pour enfants (c’est d’ailleurs son principal défaut, il manque les différents niveaux de lecture et d’humour qui font qu’on aime tant les productions Pixar), tout finira par s’arranger et chacun-e aura tiré de l’aventure un certain nombre de leçons.

RAPPORTS MÈRE/FILLE
Mêlant légendes et paysages écossais magnifiquement rendus, féminisme de base et entertainment grand public, Rebelle (dont le titre original, Brave, est décidément bien plus juste) est surtout un film sur les rapports mère/fille, les incompréhensions, la conviction de l’une de faire les choses pour le bien de l’autre, la certitude de la seconde de n’être ni écoutée ni, surtout, entendue. Et l’amour qui les lie, évident face au danger.

Et c’est là qu’on se dit que Merida a du bol, quand même: elle règle en 48 heures – 1h35 pour les spectateurs/trices – ce que certaines passent 15 ans à essayer de comprendre en thérapie.

Quant à la question de savoir si Merida est lesbienne, question que nous évoquions lors de la sortie du film aux États-Unis, elle n’a que peu d’importance. Bien sûr, sur Yagg comme dans la plupart des médias LGBT, on aime s’amuser des clichés, et une fille qui tire à l’arc, ne supporte pas les entraves et refuse d’épouser un benêt, on aimerait la compter parmi les nôtres. Mais finalement, l’essentiel, ce n’est pas qu’elle soit ou non lesbienne, c’est qu’elle puisse l’être. Qu’il soit envisageable qu’elle le soit, de la même façon qu’il soit envisageable qu’elle soit libre, indépendante et volontaire. Que tout soit possible.

Rebelle, de Mark Andrews et Brenda Chapman. En salles le 1er août. En avant-programme, La luna, très joli court-métrage d’Enrico Casarosa.

La bande-annonce en VF:

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La bande-annonce en VO:

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Photos Disney/Pixar