La Conférence des évêques de France appelle les catholiques à «s’unir dans une même Prière universelle» pour le pays le jour de la Fête de l’Assomption le 15 août prochain. Le texte de la prière proposée par la hiérarchie de l’Église catholique, qui rappelle que la France a été placée «sous le patronage» de la Vierge Marie, a un contenu clairement politique.

Mgr Bernard Podvin, dans un texte introduisant la prière, écrit: «Dans l’inquiétude de la crise économique sociale et internationale, devant la gravité de choix sociétaux de portée considérable, il est essentiel de conscientiser l’opinion au-delà de la sphère pratiquante habituelle.»

«TEMPS DE CRISE ÉCONOMIQUE»
La prière elle-même est constituée de 4 points, dont 3 sont consacrés à la défense d’une vision rétrograde de la famille. D’abord, les évêques invitent, «en ces temps de crise économique», à prier «pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine». Ensuite, la prière interpelle directement les élu-e-s de la République:

«Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner; que leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières et qu’ils aient la force de suivre les indications de leur conscience.»

Le 3e point appelle à prier pour les familles: «Que leur attente légitime d’un soutien de la société ne soit pas déçue; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l’engagement des époux l’un envers l’autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l’amour.» Rappelons que l’Église catholique ne reconnaît toujours pas le divorce.

Le 4e paragraphe est un appel à prier pour «les enfants et les jeunes»:

«Qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère».

UN PARFUM DES ANNÉES 1940
Ce passage est clairement une opposition à la reconnaissance de l’homoparentalité, et laisse planer un amalgame entre homosexualité et pédophilie. À la fin de la prière, l’avenir de la France est confié à Dieu par «l’intercession de Notre-Dame», et les évêques souhaitent «des familles fortes et fidèles» pour «l’épanouissement de notre jeunesse».

Comme le rappelle le quotidien La Croix, la célébration d’une messe pour la France à l’occasion de l’Assomption est une pratique qui s’était fortement estompée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945.

Photo (Assomption de Marie) leo.jeje