Télé | 09.07.2012 - 07 h 30 | 9 COMMENTAIRES
Ce soir à la télé: «La Chasse» («Cruising») avec Al Pacino
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Ce soir, sur Arte, un thriller culte et fascinant dans le milieu SM new-yorkais du début des années 80.

La Chasse (Cruising) (1980), de William Friedkin, à 22h45, sur Arte (en VM). Al Pacino campe un policier qui infiltre le milieu SM new-yorkais pour enquêter sur un serial killer qui s’attaque aux homosexuels.

Cruising est à la fois cash et tordu: Friedkin dépeint cette scène cuir gay avec un souci du détail hallucinant (comme s’il y avait un documentaire dans le film de fiction) et ponctue son histoire de scènes étranges, suscitant de multiples interprétations. Pourquoi le policier hétéro est-il si troublé par son enquête? Pourquoi son couple en souffre-t-il? Et si c’était lui le serial killer?

Même après avoir vu l’œuvre 10 fois, on reste fasciné par son climat étouffant, malsain (le réalisateur a même inséré des images subliminales dans les scènes de meurtre qui sont absolument terrifiantes), sa noirceur totale. La communauté gay avait vivement protesté contre le film à l’époque, et ce dès son tournage. Aujourd’hui, il est entré dans le patrimoine.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Cruising Trailer.

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Avatar de Yannick Barbe
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Directeur de la rédaction de TÊTU
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LES réactions (9)
  • Par Hùryn 09 juil 2012 - 9 H 28
    Avatar de Hùryn

    Ils en parlent dans le documentaire The « Celluloid Closet ». Les passages du film- malsains, oppressants et terrifiants – me font comprendre la levée de bouclier à l’école. Encore aujourd’hui c’est un pan de patrimoine dont je me passerais bien(meme s’il faut que l’art se fasse). Ce film est très, voire trop choquant(pour moi).

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  • Par Hùryn 09 juil 2012 - 9 H 28
    Avatar de Hùryn

    *levée de boucliers à l’époque*

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  • Par laurentv 09 juil 2012 - 11 H 42
    Avatar de laurentv

    oui, j’ai aussi trouvé l’intention du film pas nette. enfin, loin d’être aussi gerbant qu’Irreversible.

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  • Par Spendius 10 juil 2012 - 0 H 38
    Avatar de Spendius

    Je ne connaissais pas ce film, je l’ai donc regardé avec intérêt. Pacino est remarquable, l’ambiance noire, glauque certes, bref un bon thriller. Je ne l’ai pas trouvé choquant, l’action se passant dans le milieu « cuir – SM – moustache », il est évident que la vision des gays qu’il donne est, disons, particulière…

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  • Par Hùryn 10 juil 2012 - 9 H 02
    Avatar de Hùryn

    Moi j’ai trouvé les scènes de meurtre insoutenables. De façon générale je ne comprend pas bien l’utilité qu’on a de les montrer dans les films, encore mois lorsqu’ils sont aussi « réalistes ».
    La scène du gars qui se fait poignarder dans le dos en pleurant et en implorant – tandis qu’on montre la délectation et l’expression « justifiée de raison » de celui qui le tue – est de trop pour moi.

    J’y pensais encore un mois après l’avoir vue. (Idem pour une scène similaire- en moins glauque – avec un couple et un assassin-dans Zodiac de Fincher). Moi je préfère que la violence extrême soit suggérée lorsque le film à déjà une atmosphère suffocante et poisseusse. Ici c’est comme une superposition de couches cinématographiques oppressantes, de l’acting à la mise en scène en passant par l’esthétique.

    A aucun moment on ne respire, le film continue de comprimer nos poitrines.On le regarde en apnée, enfoncés par cette fin ouverte,scène finale dérangeante, qui nous refuse l’expiration d’un air salvateur qui nous aurait fait dire un « ouf de soulagement ». Le film n’a aucune lueur d’espoir, ni de lumière au fond de sa noirceur.
    Ps: Evidemment c’est une lecture personnelle.

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  • Par Spendius 10 juil 2012 - 12 H 19
    Avatar de Spendius

    Je trouve justement beaucoup plus intéressant de faire une fin ouverte, sans l’happy end attendue des films américains, plutôt que de répondre à toutes les questions. Ici tout est noir jusqu’au bout. C’est vrai que les scènes de meurtres sont très crues, mais ça cadre bien avec le réalisme général du film. Seven, pour rester dans les films de Fincher, m’a bien plus traumatisé !

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  • Par Hùryn 10 juil 2012 - 14 H 37
    Avatar de Hùryn

    Ce n’est pas la fin qui me gêne. C l’absence d’alternative à la noirceur dans tout le film. Si l’un des aspects de production était moins glauque(par exemple scènes moins « crues »), j’aurais peut-être apprécié. Là, c’est comme si le réalisateur avait fait le pari de nous étouffer de tous les cotés, sans nécessairement que cette forme de narration apporte quelque chose au film(à part la sensation d’effroi et d’étouffement, mais ensuite ?). Bref, encore une histoire de goûts et tout et tout ;). Sinon, moi j’ai beaucoup aimé Se7en que j’avais vu encore + jeune, et curieusement rien dedans ne m’avait choqué.

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  • Par Spendius 10 juil 2012 - 14 H 54
    Avatar de Spendius

    Oui, une histoire de goûts, j’aime la noirceur (dans les films, le café et le chocolat, etc). Dans Seven la scène qui m’a le plus choquée est celle où ils découvrent l’homme (où ce qu’il en reste) attaché sur son lit (incarnant la paresse). Paradoxalement j’avais ensuite décoré les murs de ma chambre avec des vieilles gravures représentant chacun des 7 péchés. Si je croyais en la psychologie, j’en tirerai surement quelque chose…

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  • Par Hùryn 10 juil 2012 - 15 H 57
    Avatar de Hùryn

    Ces tableaux ensanglantés servaient – à mon avis – la métaphysique du scénario, ainsi que le degré de folie « littérale » du meurtrier. Ils étaient bons pour le pendant religieux du film, mais aussi pour l’esthétique violente des sentences sacrées qui sanctionnent le péché.

    On peut visualiser cette dimension effrayante lorsqu’on se représente certains passages bibliques(ancien testament), dont le contenu annonce des verdicts terribles: mort, sang, rouille et os. Pourriture et déchéance, périr par la faiblesse de la chair. The red and The rot.

    C’était selon moi une tentative de capter l’humanité de la foi en plongeant dans sa grandeur, mais du coté obscur du puits qui la nourrit. Puits dont les parois sont rongées des imperfections humaines, imperfections dans lesquelles se niche l’ inhumanité de l’assassin fait partie.

    Cette cruauté se plaçait en miroir de la colère que Dieu inspire et doit inspirer. La colère de dieu est terreur pour les hommes, et la déchéance qui s’abat sur le monde lorsqu’il le piétine de son courroux est tout autant horrifique, sinon plus.

    Quand on lit l’apocalypse, on est saisi d’une telle impression. En tout cas, merci de m’avoir fait penser à Se7en aujourd’hui, je sais ce que je vais regarder ce soir! Lolilol.

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