Gai Écoute, le centre d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements pour les LGBT vient de lancer le Registre des actes homophobes (Rah). Cette initiative a pour objectif de consigner les actes homophobes (intimidations, insultes, agressions physiques), mais aussi l’homophobie dans les médias. Toute personne peut apporter son témoignage, qu’elle soit victime ou témoin. Les témoignages sont recueillis par téléphone, mail, mais aussi grâce à un formulaire anonyme et confidentiel disponible en ligne.

PORTRAIT DE L’HOMOPHOBIE AU QUÉBEC
À plus long terme, le but de cette collecte est d’obtenir un portrait de l’homophobie dans la société québécoise et de sortir un rapport d’ici deux ans. D’après Gai Écoute, le Rah est une première mondiale en matière de lutte contre l’homophobie, qui permettra à l’avenir d’adapter la prévention à la réalité des LGBT.

UNE ACTION EN CONCERTATION AVEC LA POLICE
Le Rah, une initiative vraiment inédite? Pour Élisabeth Ronzier, présidente de SOS homophobie, il est clair que ce projet se rapproche beaucoup du travail de l’association française, d’autant plus que Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute, a aussi travaillé avec SOS homophobie. «Là où il y a une véritable différence, c’est que le Rah fonctionne en partenariat avec l’État, ce qui permettra d’obtenir des statistiques officielles», souligne Élisabeth Ronzier, interrogée par Yagg.

En effet, le Rah a été créé en concertation avec le Service de Police de la ville de Montréal (SPVM), prouvant ainsi que l’État est réellement impliqué dans cette nouvelle action: «Le SPVM est très conscient qu’il y a un chiffre noir de personnes qui ne dénoncent pas les actes criminels [liés à l’homophobie], explique Alain Gagnon, commandant du poste de quartier 22, dans TVA Nouvelles. Ce qu’on veut, c’est au moins pouvoir [estimer] ce chiffre noir.»