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Société | 26.06.2012 - 17 h 17 | 2 COMMENTAIRES
Détention prolongée pour les trois membres présumées du collectif féministo-punk russe Pussy Riot: la mobilisation continue
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Accusées de hooliganisme, les trois militantes russes Nadézhda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoussevitch resteront en prison jusqu'au 24 juillet.

Le 21 février 2012, le groupe féministo-punk Pussy Riot investit la chaire de la Cathédrale du Christ Sauveur de Moscou et entonne une prière punk intitulée Holy Shit: «Sainte Vierge, délivrez-nous de Poutine!» (vidéo ci-dessous). Comme lors de toutes leurs performances, les filles sont vêtues de robes et de balaclavas aux couleurs vives. Leur happening est filmé et diffusé sur Youtube. Quelques jours plus tard, deux membres présumées du groupe sont arrêtées, Nadézhda Tolokonnikova et Maria Alekhina, toutes deux militantes écologistes et LGBT. Elles sont accusées de hooliganisme et risquent sept ans de prison (lire aussi Russie: Mobilisation pour la libération de deux militantes du groupe punk Pussy Riot). Quelques semaines plus tard, une autre membre présumée du groupe, Ekaterina Samoussevitch, est interrogée par la police en tant que témoin, mais devient rapidement suspecte. Elle est emmenée en détention et fait face aux mêmes charges que les deux autres militant-e-s. Depuis le mois de mars, toutes trois sont en prison et attendent un jugement qui a déjà été repoussé à plusieurs reprises.

Si vous ne pouvez pas lire la vidéo, cliquez sur Панк-молебен « Богородица, Путина прогони » Pussy Riot в Храме

Entretemps, la prière punk a fait le tour du web et Pussy Riot est devenu le symbole de la lutte contre le régime de Vladimir Poutine. Au sein de la société russe, le cas divise : certain-e-s jugent la sanction bien trop sévère, d’autres ne pardonnent pas le blasphème.

ENFERMÉES JUSQU’AU 24 JUILLET
Le 20 juin se tenait le nouveau procès, à l’issue duquel la juge Elena Ivanova du tribunal de Tagansky à Moscou a décidé de prolonger la détention jusqu’au 24 juillet pour les trois membres présumées. Les enquêteurs, qui ont déjà eu plusieurs semaines pour rassembler les preuves éventuelles de leur culpabilité, auront donc un mois supplémentaire pour poursuivre leurs investigations. Les avocats ont, une fois de plus, fait savoir que deux des accusées sont mamans d’enfants en bas âge et que prolonger encore leur séparation était une peine démesurée face à aux charges qui pèsent contre elles, et qu’elles n’allaient pas profiter de leur remise en liberté pour quitter le pays avant un jugement définitif. Les avocats de Nadézhda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoussevitch ont saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Une centaine de manifestant-e-s s’étaient donné-e-s rendez-vous devant le tribunal pour protester contre l’emprisonnement des trois militantes. Plusieurs d’entre eux/elles ont été emmené-e-s sans ménagement par la police.

LA MOBILISATION CONTINUE
En Russie, les soutiens au Pussy Riot doivent se montrer prudents. Début juin, un artiste a dû payer une amende de 500 roubles pour «outrages aux symboles religieux». En effet, en mars, Artem Loskutov avait exposé sur des panneaux publicitaires des toiles représentant des femmes du Pussy Riot en icônes orthodoxes dans les rues de Novossibirsk. Les autorités religieuses ont ainsi porté plainte, et l’artiste a été retrouvé grâce à ses empreintes.

L’affaire du Pussy Riot a depuis longtemps largement dépassé les frontières: concerts de soutien, manifestations et même des campements Occupy Pussy Riot. À Prague, un mur blanc de 30 mètres de long a été érigé place Wenceslas à l’occasion de la Semaine de la Liberté (qui se tenait du 18 au 24 juin), afin que chacun-e puisse faire part de son soutien au collectif russe. Karel Schwarzenberg, le ministre des Affaires étrangères tchèque, a été le premier à écrire un message: «Je vous admire beaucoup. Tenez bon. La Russie retrouvera sa dignité et sa liberté. Nous sommes avec vous».

Parmi les autres personnalités à avoir montré leur soutien, le rappeur Ad-Rock des Beastie Boys est remonté sur scène le 12 juin à New York, (soit quelques semaines après la mort de MCA, un des membres du trio hip-hop en mai) et a mixé lors d’une soirée de récolte de fonds pour financer la défense des trois militantes.

À Paris, le Palais de Tokyo a mis le Pussy Riot à l’honneur, grâce au commissaire et critique d’art russe Andreï Erofeev, pour la première session d’«Alerte», un nouveau rendez-vous visant à faire se rencontrer l’art et l’actualité.

Photos Manifestation (capture) / Tolokonnikova-Alekhina-Samoussevitch (captures) / Pussy Riot (Igor Mukhin)

 

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Avatar de Maëlle Le Corre
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Journaliste de Yagg.
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LES réactions (2)
  • Par SilentBrace aujourd'hui - 20 H 35
    Avatar de SilentBrace

    en repoussant le jugement, il se trouve que même si elles sont acquittées, elles auront quand même fait de l’enferment !

    vaste flou autour de ce pays …

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  • Par Red aujourd'hui - 22 H 32
    Avatar de Red

    Courage à elles. J’irais bien au Palais de Tokyo pour voir l’expo.

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