Quelques jours après la nomination du gouvernement Ayrault II, qui a suivi les élections législatives, et à une semaine de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement, Louis-Georges Tin (à gauche sur la photo), président du Comité Idaho, et deux autres membres de l’association, Alexandre Marcel – à droite – (qui avait déjà fait une grève de la faim contre l’exclusion des HSH du don du sang) et Usaam Mukwaya (au centre), réfugié ougandais en France, ont débuté ce lundi 25 juin, à 10h, une grève de la faim. Cette action a pour objet de «protester contre l’attitude du gouvernement, qui ne respecte pas la parole de M. Hollande, lequel s’est engagé à porter cette année une résolution en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité», indique un communiqué.

Ce qui inquiète les militants, c’est la possibilité que Barack Obama ne soit pas réélu lors des élections de novembre prochain aux États-Unis. «Dès lors, on ne pourrait plus compter sur le soutien des États-Unis, et tout espoir de résolution [à l’Onu, ndlr] serait suspendu pendant 4 ans, voire 8 ou 12 ans, soulignent-ils. (…) Mais pour envisager une résolution à l’automne, il faut l’annoncer dès maintenant, et y travailler au plus tôt.»

«SCANDALE PERMANENT»
«Or, depuis six semaines, il apparaît que les collaborateurs du président, à l’Élysée, à Matignon et au Quai d’Orsay, ne cessent de tergiverser, et de repousser à plus tard ce qui est une urgence absolue, poursuit le texte. À vrai dire, cela fait plus de deux ans qu’il en est ainsi. Le président du Comité Idaho avait personnellement rencontré M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères de l’époque, qui s’était engagé à porter la résolution sans retard; puis, après son départ, Mme Alliot-Marie, avait pris le même engagement, mais sans suite. Par la suite, les collaborateurs de Nicolas Sarkozy s’étaient également engagés à porter ce texte au plus tôt. Chaque fois, l’urgence a été ajournée: la frilosité ambiante, le manque d’intérêt pour le sujet, les urgences qui s’imposaient ailleurs (selon le moment, le printemps arabe, la Libye, l’Afghanistan, la Grèce, la Syrie, etc.) font que la question de la dépénalisation a toujours été remise à plus tard. C’est pourtant un scandale permanent. Dans 80 pays environ, l’homosexualité est considérée comme un crime, un crime passible de la peine capitale dans 7 pays.»

«Certes, le gouvernement vient de s’installer, reconnaît le Comité Idaho, mais le calendrier international ne se règle pas sur le calendrier français, et cela fait plus de deux ans que les dirigeants de la France ne tiennent pas leur parole. (…) Pourquoi les collaborateurs du président ne respectent-ils pas sa parole? Pourquoi François Hollande n’intervient-il pas pour imposer sa volonté? Serait-ce donc la première trahison de son mandat? Évidemment, toutes ces questions se posent.»

«LÂCHETÉ» ET «CRUAUTÉ»
Et Louis-Georges Tin de conclure: «Je soutiens évidemment l’égalité des droits, mais je ne peux pas abandonner les homosexuel-le-s qui croupissent en prison, sous prétexte que maintenant, je vais enfin pouvoir me marier. Nous espérons que la France tiendra enfin les engagements qu’elle a pris depuis plus de deux ans, mais il est vrai que l’attitude des gouvernements successifs est à la fois pleine de lâcheté et de cruauté. C’est la mort dans l’âme que nous entamons cette grève de la faim».

Photos Yagg