Dans le carnet des Droits de l’Homme, Nils Muižnieks, le nouveau Commissaire des Droits de l’Homme, s’est exprimé de manière très ferme sur les gouvernements qui criminalisent l’homosexualité en pointant du doigt les lois «anti-propagande homosexuelle» entrées en vigueur dans plusieurs régions de Russie, mais aussi en Lituanie et en Moldavie, ainsi que les projets de lois en Ukraine.

Il rappelle que ces différentes mesures vont à l’encontre des lois européennes et mentionne notamment plusieurs décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, dont l’affaire Alekseev c. Russie en octobre 2010, où la Russie avait été condamnée suite à l’interdiction des gay prides à Moscou, pour violation de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

«Souvent, les gouvernements ont cherché à justifier les restrictions aux libertés des personnes LGBTI en invoquant l’opinion publique ou en invoquant des considérations d’ordre moral ou religieux, affirme Nils Muižnieks. Cela est de toute évidence inacceptable du point de vue des droits de l’homme. Les marches des fiertés doivent être autorisées et les gouvernements doivent les protéger, tout comme ils doivent autoriser l’expression pacifique de points de vue opposés, si ceux-ci ne constituent pas des discours de haine. Si l’opinion publique est hostile aux droits des LGBTI, il incombe aux gouvernements de la sensibiliser et de l’éduquer.»

Il rappelle qu’un programme de sensibilisation est à la disposition des États qui souhaitent avancer sur la question des LGBT et que plusieurs pays ont déjà rejoint cette initiative, dont l’Italie, la Pologne ou la Serbie.

Cette prise de position de Nils Muižnieks arrive deux mois après son investiture à la succession de l’ancien Commissaire Thomas Hammarberg. Ce dernier s’était particulièrement engagé pour les droits des LGBT en Europe et avait œuvré à pousser les gouvernements à agir contre les LGBTphobies et pour le respect des droits humains. En s’exprimant ainsi, Nils Muižnieks montre que ce thème restera un enjeu important parmi les actions menées par le Commissaire aux Droits de l’Homme.

Photo: Saeima