Société | 21.06.2012 - 19 h 16 | 6 COMMENTAIRES
Christine Le Doaré fait ses adieux au Centre LGBT Paris-IdF
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Entre mutations fondamentales et polémiques parfois mesquines, Christine Le Doaré aura marqué l'histoire du Centre LGBT Paris-IdF. Après 7 ans à la tête de l'institution, elle tire sa révérence.

«Après 7 années de présidence du Centre LGBT Paris-IdF, le redressement du CGL de la rue Keller et la préfiguration puis l’ouverture du nouveau lieu rue Beaubourg à la fin du mois, je vais enfin passer la main confiante, sachant que l’avenir nous sourit.» C’est par ces mots que Christine Le Doaré débute son édito dans le dernier numéro de Genres, la lettre d’info du Centre parisien (à télécharger ici).

CONTROVERSES
Présidente de SOS homophobie de 1998 à 2002, membre du bureau exécutif de l’Ilga-Europe, Christine Le Doaré a, comme elle le rappelle, mené la mutation du Centre gai et lesbien (CGL) en Centre lesbien, gai, bi et trans’ de Paris et Ile-de-France. Mais ce qui risque de rester de cette présidence, ce sont les controverses, des désaccords avec le Strass à l’affaire du Café Lunettes Rouges en passant par l’appel à la démission lancé par Act Up-Paris et, plus récemment, la façon dont a été géré le projet de fusion du Centre avec l’Inter-LGBT (lire Le Centre LGBT Paris Idf défend son projet de fusion et sa présidente). Projet pour l’instant en suspens, l’Inter-LGBT n’ayant pas encore procédé aux votes nécessaires.

NOTE POSITIVE
Christine Le Doaré souhaite néanmoins clairement – et on la comprend – terminer sur une note positive, sous forme de bilan: «Le lieu se porte bien, il rassemble, et le vif succès remporté par notre semaine Idaho en atteste. Espérons-le, un projet de rassemblement à la fois pragmatique et imaginatif est sur le point d’aboutir, source de renforcement, de croissance et de développement pour les deux importantes fédérations LGBT parisiennes que sont l’Inter-LGBT et le Centre LGBT Paris-IdF. Enfin, un nouveau gouvernement favorable aux droits LGBT a succédé à 13 années de frilosité et même de morgue à notre égard; tout le travail de mise en œuvre et de changement des mentalités va enfin pouvoir se concrétiser».

Le nouveau conseil d’administration du Centre LGBT Paris-IdF sera élu lors d’une Assemblée générale extraordinaire, qui se tiendra le 1er juillet prochain.

«Je souhaite au Centre LGBT Paris-IdF, quels que soient la forme et le nom qu’il prendra demain, une belle et longue vie!», conclut Christine Le Doaré. C’est également tout le bien que l’on peut lui souhaiter à elle aussi.

Retrouvez le chat entre Christine Le Doaré et les internautes de Yagg.

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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LES réactions (6)
  • Par SilentBrace 21 juin 2012 - 20 H 32
    Avatar de SilentBrace

    Se rendre utile, c’est bien, mais se rendre irremplaçable pour mieux apparaître utile … c’est déjà nettement moins bien !

    C’est seulement dans quelques années que le centre lgbt de paris idf pourra évaluer le bénévolat si controversé de sa présidente …

    par ailleurs, d’accord avec yagg, on ne lui souhaite pas de mal.

    en payera t-il les conséquences ou au contraire ? cela n’est pas mesurable dès maintenant, beaucoup d’entre nous en sont conscients.

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  • Par Nathou 22 juin 2012 - 10 H 20

    Bon débarras! (Excusez du peu d’égard pour cette personne atteinte d’un autoritarisme et d’un power-trip effrayant)…
    Les bénévoles au centre LGBT et les associations vont pouvoir enfin respirer un peu et vivre moins dans la peur…

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  • Par Brethmas 22 juin 2012 - 12 H 00

    J’ai eu une fois un échange avec Christine le Doaré à propos du projet de pénalisation des clients de la prostitution.
    Je me suis même fait traiter de « mauvais socialiste » pour ne pas adhérer à son point de vue.
    Madame Le Doaré avance de puériles maximes de catéchisme, bafoue la liberté de disposer de son corps, et ne voit dans la prostitution rien d’autre que l’exaction de proxénètes.
    Elle devrait enquêter un peu dans les milieux étudiants, par exemple…
    Elle nie d’avance toute conséquence que pourrait avoir le projet de loi pénalisant ce qu’elle appelle « les prostituteurs » (les clients) sur l’expansion des affaires de chantage, les familles brisées, la recrudescence des violences conjugales et des agressions sexuelles.
    Elle ne semble voir que le côté bisounours et féministe du problème, comme si la prostitution était exclusivement féminine, comme si elle n’était pas un fait social, et comme si elle n’était pas, pour beaucoup de laissés pour compte, la seule façon d’éviter la délinquance, et comme si elle n’était pas également, pour beaucoup de « prostituteurs », la seule façon de sauver leur couple et de protéger leurs enfants d’une séparation.
    Je vois un parallèle avec le débat qui, il y a quarante ans, a agité la société à propos de l’avortement.
    Les temps changent, j’espère que la « relève » aura des idées plus réalistes et plus pragmatiques.

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  • Par COUILLET-BOURGEOIS Philippe 22 juin 2012 - 12 H 45

    Je salue l’engagement associatif, le travail, la ténacité et la gentillesse de Christine. Elle a su, accueillir Les « Oublié-e-s » de la Mémoire comme il se doit, avec l’installation d’un lieu de référence à l’Histoire et la Mémoire dans la bibliothèque Jean-Le-Bitoux. Nous avons pu grâce à elle et à toute son équipe de volontaires et bénévoles organiser avec le tissu associatif plusieurs manifestations mémorielles pour rendre hommage aux personnes victimes de la barbarie nazie pour motif d’homosexualité. Je ne sais pas quel sera son futur engagement, en tout cas je lui souhaite un bon repos mérité et bonne chance pour de nouvelles aventures.

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  • Par helene 22 juin 2012 - 16 H 12

    Le pire de l’attitude autoritariste de Mme Le Doaré c’est que ce sont les femmes qui ne pensaient pas comme elle qui l’ont subie de la façon la plus violente. Par exemple les lesbiennes des associations de défense des prostituées hostiles à la pénalisation du client qu’elle assimilait à des complices des maffias (c’est beau la solidarité féministe), sans parler évidement des prostituées à qui elle retirait d’office le droit à la parole. La dérive autoritaire de Mme Le Doaré doit servir d’exemple: ce n’est pas la première dans la communauté LGBT qui, dés qu’elle (ou il) a un demi-ongle de pouvoir se mue en dictateurE bouffonNE .

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  • Par helene 03 juil 2012 - 19 H 09

    La parenthése Le Doaré se ferme. Qu’elle soit une leçon: la hierarchie du centre doit œuvrer dans le respect de la diversité, et ne pas imposer ses opinions aux autres. Le Centre LGBT s’il avait écouté ses trans, ses bi et ses homos n’aurait pas pris ces positions exarcerbées aux cotés des abolitionistes (souvent intégristes) qui ont violemment divisé nos communautés. Il faut que très vite le centre revienne sur ces prises de positions, qui sont une insulte aux nombreuses trans qui se prostituent ou qui se sont prostituées, aux bi clients ou travailleurs du sexe, aux homos qui se prostituent ou font appel à des gigolos. Aux jeunes lesbiennes entretenues par une ainée. Le centre LGBT n’a pas à juger un homo mur, isolé, qui fait appel à un gigolo majeur et consentant pour briser sa solitude.Ce n’est pas sa vocation.
    Et j’espere qu’on ne fermera plus jamais les WC pour handicappés.

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