Mi-mars, le ministère de l’Intérieur britannique lançait une consultation publique sur la question du droit au mariage pour les couples de même sexe (lire aussi Royaume-Uni: le ministère de l’Intérieur lance une consultation sur l’ouverture du mariage civil à tous les couples). Destinée à chaque citoyen-ne souhaitant s’exprimer sur ce sujet, la consultation a pris fin le 14 juin. Ce projet a été mené par la secrétaire d’État à l’Intérieur et secrétaire d’État chargée des Femmes et de l’Égalité, Theresa May, et la ministre de l’Égalité, Lynne Featherstone, et va permettre au gouvernement de David Cameron d’étendre la législation sur le mariage en accord avec les opinions des Britanniques. Les réponses ne sont pas encore connues mais le débat continue d’agiter le pays.

SONDAGES
Durant la consultation, l’organisme YouGov a lancé un sondage auprès de plus de 2000 personnes sur la perception des LGBT en Grande-Bretagne. Sur le sujet du mariage, les chiffres montrent que les opinions sont majoritairement favorables à l’égalité des droits: 71% des personnes interrogées soutiennent la volonté du gouvernement d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe. De même, 71% d’entre elles sont favorables à ce que les institutions religieuses puissent célébrer ces unions si elles le souhaitent. Selon le quotidien The Independent, 233 déput-é-e-s de la Chambre des Communes voteraient pour l’ouverture du mariage, 56 contre et 15 seraient encore indécis-e-s.

LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES DIVISÉES
Dans ce débat public, les différentes communautés religieuses du Royaume-Uni ont aussi fait entendre leur voix: Chrétiens (Quakers, Unitariens) et Juifs réformés continuent d’apporter leur soutien à l’ouverture du mariage religieux pour les couples de même sexe, tandis que Musulmans, Juifs orthodoxes et Catholiques expriment leur opposition. Le sondage de YouGov montre cependant que 58% des personnes interrogées ayant des convictions religieuses soutiennent le mariage pour les couples de même sexe, montrant ainsi que les voix officielles des différents groupes religieux ne sont pas forcément révélatrices des convictions de chaque individu. Le 16 juin, Nick Herbert, le ministre de la Police ouvertement gay, condamnait fermement les positions de l’Église d’Angleterre.

UNE OPPOSITION TRÈS ACTIVE
Fin mars, plusieurs militant-e-s, dont Peter Tatchell, avaient exhorté toute personne soutenant le droit au mariage à participer à la consultation, tant le nombre d’opposant-e-s y ayant répondu était important. «Des milliers de bigots font tout ce qu’il peuvent pour faire échouer ce dernier pas vers l’égalité pour 3,3 millions d’homos en Angleterre et au Pays de Galles. Si vous soutenez l’égalité du mariage, il ne faut pas seulement en parler ou le tweeter. Répondre à la consultation prend moins de cinq minutes, mais ça peut améliorer la vie de millions de gens pour toujours», a rappelé à PinkNews Ben Summerskill, directeur exécutif de Stonewall. Le 13 juin, une manifestation de la Coalition For Marriage se tenait devant le 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre, afin de lui remettre une pétition comptant plus de 500000 signatures d’opposant-e-s à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. Signe que le gouvernement Cameron confirme son engagement pour l’égalité des droits, c’est aujourd’hui même qu’a été dévoilée la vidéo de Nick Clegg, vice-Premier ministre, pour la campagne Out4Marriage :

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez sur Deputy Prime Minister Nick Clegg (@Nick_Clegg) is @Out4Marriage

UNE CONSULTATION QUI MANQUE DE RIGUEUR?
Deux jours avant la fin de la consultation, un député conservateur, Julian Brazier, a remis en cause la confidentialité et l’exactitude de cette initiative du ministère de l’Intérieur et a demandé à ce que celle-ci soit reconduite. En mars, Julian Brazier s’était exprimé sur la définition du mariage: «Ça a toujours été défini de façon pratique, qui est assez restrictive quand on y pense – il doit y en avoir un de chaque sexe, on ne peut pas être similaire, on ne peut pas se marier autrement. Si on commence à déconstruire ça, jusqu’où va-t-on aller?» Suite aux accusations du député, le ministère de l’Intérieur a assuré que chaque réponse était traitée anonymement, et que la consultation se déroulait de façon réglementaire.