Najat Vallaud-Belkacem aura marqué la Lesbian & Gay Pride de Lyon par sa présence cette année. La ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault avait répondu positivement à l’invitation des militant-e-s. «Ce n’était pas sa 1e marche, raconte à Yagg Edwige Marty, la nouvelle présidente de la LGP. Nous sommes ravi-e-s qu’elle soit venue malgré son agenda chargé. Nous avons tenu notre discours revendicatif en début de marche; nous avons demandé “pourquoi attendre 2013 pour l’égalité des droits?”».

La ministre a répondu que le printemps 2013 constituait une date butoir – la loi pourrait être adoptée avant «si c’est possible», comme elle l’avait déjà indiqué sur Yagg pendant la campagne électorale – et qu’elle était porte-parole d’un gouvernement «totalement déterminé, totalement engagé dans le combat pour l’égalité des droits, totalement convaincu qu’il faut très vite, dans les mois qui viennent, mettre en place et l’égalité, l’ouverture du mariage, l’homoparentalité, et la lutte contre l’homophobie et contre la transphobie au niveau national comme au niveau international. Vous pouvez me faire confiance», a-t-elle lancé à la foule.

Celle que l’on surnomme NVB a aussi salué le travail des militant-e-s de terrain et les a exhorté-e-s à ne pas se relâcher:

«Chèr-e-s amies, pour autant, continuez à vous mobiliser car ce sont vos mobilisations qui ont amené ce gouvernement à vous soutenir (…). Il faut que vous continuiez à servir d’aiguillon pour le gouvernement comme pour la société, la société évolue, il faut qu’elle évolue encore davantage. Je compte sur vous.»

Les organisateurs/trices ont compté pas moins de 17000 marcheurs/euses.

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À Biarritz, plus d’un millier de marcheurs/euses étaient présent-e-s dans les rues pour la Lesbian & Gay Pride. «Nous sommes très content-e-s de ce chiffre dans une ville de 30000 habitants», explique Bernard Gachin, de l’association organisatrice Les Bascos, à Yagg.

Deux candidates socialistes étaient présentes en tête de cortège: Colette Capdevielle (5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques) et Sylviane Alaux (6e circonscription). «Mme Capdevielle, avocate de profession, est connue pour avoir défendu un couple de femmes se battant pour leurs droits parentaux. Samedi, elle a même tenu le drapeau arc-en-ciel», relate Bernard Gachin. Il faut croire que cela aura porté chance aux candidates: le lendemain, Colette Capdevielle a battu le maire de Bayonne Jean Grenet (Parti Radical), et Sylviane Alaux a battu l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie.

«Dans le cortège, il y avait aussi des militant-e-s PC, PG et NPA, et des ami-e-s venu-e-s de Pau et du Pays Basque espagnol comme les parents d’homos de Gehitu et les militant-e-s queer de Ehgam, énumère Bernard Gachin. Nous sommes attaché-e-s à ces liens entre nous. Le 28 juin, nous irons à la Pride de Donostia [Saint Sébastien, ndlr], qui commencera à 19 heures.» Le rendez-vous est pris.

À Toulouse, hormis le reportage de France 3 Midi-Pyrénées (voir notre article Gay Pride: Quand France 3 évoque une «recrudescence» de l’homosexualité), la Marche des Fiertés a été une réussite. «Nous avons eu entre 18000 et 20000 personnes, il faisait très chaud», témoigne Michel Mégnin, secrétaire de l’association organisatrice Arc-en-Ciel, joint au téléphone par Yagg.

«La participation en hausse s’explique par la création d’associations LGBT dans la région cette année: Good As You à Montauban, une antenne d’Arc-en-Ciel à Auch, une autre association qui est en train de se structurer dans l’Aveyron… Tout le monde a envoyé des délégations», explique Michel Mégnin.

La santé était à l’honneur de cette édition: le Pôle Santé de l’association Aides proposait des dépistages rapides en marge de la marche. Act Up était également présente.

Jean-Paul Makengo, l’adjoint au maire de Toulouse chargé de l’égalité, était là aussi pour représenter la municipalité, qui a apporté son soutien logistique.

Retrouvez de nombreuses photos sur le blog de la yaggeuse anmariveteuse, L’almanach des dames.

À Nice, «nous étions environ 8000 à la Pink Parade», recense Romuald Dupuis, vice-président de l’association Aglaé. «Nous étions donc plus nombreux/ses que l’an dernier, avec un temps magnifique favorable à la marche. Parmi les personnalités politiques, le conseiller municipal de Nice (PS) Patrick Allemand était parmi nous», raconte à Yagg le militant associatif. Il confie avoir particulièrement apprécié le message de soutien de Stéphane Corbin de l’Interpride, et espére que la Pink Parade puisse un jour obtenir l’appellation «Lesbian and Gay Pride».

À Strasbourg enfin, les organisateurs/trices ont compté plus de 10000 marcheurs et marcheuses.«Derrière la banderole de tête, il y avait des élu-e-s comme Mathieu Cahn, adjoint au maire de Strasbourg, à nos côtés», raconte Soufiane Chouardi de Festigays à Yagg. Au cours de la marche, une gerbe à été déposée place de la République «à la mémoire des déporté-e-s homosexuel-le-s, de tou-te-s les déporté-e-s et des victimes de l’homophobie et de la transphobie à travers le monde», explique le militant. La soirée s’est terminée en musique à la Laiterie, une salle de musiques actuelles de Strasbourg: «Nous avons vendu 1200 entrées», revendique Soufiane Chouardi. Là aussi, la prévention était de la fête, en partenariat avec le Sneg, et avec les dépistages rapides de Aides.